AMEX GBT publie son rapport annuel "2026 Global Meetings and Events Forecast", qui dresse un portrait des tendances du secteur. Si les organisateurs font preuve d'optimisme, ils se heurtent à une inflation et un contexte économique instable qui place la maîtrise des coûts pour défi numéro un.
Selon le rapport "Global Meetings & Events Forecast 2026" d'AMEX GBT, 85% des professionnels de l'événementiel se déclarent optimistes. Cette perspective positive est cependant confrontée à une réalité économique inquiétante : 88% des sondés anticipent une hausse, 6% une stabilité et 5% une baisse. A 71%, les professionnels s’attendent à une augmentation du coût par participant et, pour 38% des organisateurs, la hausse des coûts représente le principal défi à venir, devant l’incertitude économique (32%), la conception d’événements répondant aux attentes actuelles (31%), les coupes budgétaires (30%) et la disponibilité des lieux (28%)
Cette tension financière n'entrave pas l'ambition principale du secteur qui est l'amélioration de l'expérience participant. Pour la deuxième année consécutive, cet objectif reste la priorité numéro un. Les attentes des audiences ont évolué et se sont précisées puisque 42% des participants attendent des formats plus interactifs, tandis que 40% réclament davantage d'opportunités de socialisation et exigent des mesures de durabilité visibles. Le retour au présentiel s'ancre également comme la norme et plus de la moitié des professionnels prévoient des événements exclusivement "physiques" en 2026.
La technologie comme levier d'amélioration et d'optimisation
Pour concilier ces ambitions avec des budgets contraints, l'industrie se tourne vers la technologie et l'intelligence artificielle s'impose comme le levier de transformation majeur. Loin d'être un simple concept, son déploiement a déjà commencé. Selon le rapport d'AMEX GBT, 50% des organisateurs prévoient de l'utiliser sur l'ensemble du parcours événementiel en 2026, 40% comptent s'appuyer sur des applications événementielles dopées à l'IA, et 34% l'utiliseront pour la génération de concepts créatifs. L'IA devient également un outil de mesure de la performance, avec 28% des professionnels qui prévoient de l'utiliser pour l'évaluation post-événement.
RSE et ROE
La professionnalisation du secteur se mesure également à son engagement RSE. Si 38% des organisations disposent désormais d'une politique de réunions durables, la mise en pratique de la mesure reste un point faible : seuls 25% des répondants suivent actuellement les émissions de CO2e de leurs événements et 28% visent une amélioration de la mesure en 2026.
Globalement, la valeur des événements se mesure désormais sur trois critères majeurs : le retour sur investissement financier, l'impact carbone et “Return on Experience” (ROE). Sur ce dernier point, 36% des organisations prévoient d’utiliser des outils de mesure ROI/ROE en 2026. La bascule vers la ROE s’appuie sur la donnée comportementale (scans de badges, check‑ins sessions), facilitée par l’IA, pour objectiver des résultats autrefois perçus comme intangibles, dont l'engagement, la mémorisation et le changement d’attitude.
Focus sur l'Europe
En Europe, la maîtrise des coûts reste la priorité numéro un. Le continent, qui accueillera en 2026 des événements sportifs majeurs subira une pression accrue sur la disponibilité et les tarifs. La France maintient son attractivité, Paris se classant dans le top 5 des destinations MICE européennes, derrière Londres, Madrid, Barcelone et Amsterdam. Le défi pour les organisateurs sera de justifier le choix de destinations prisées face à une inflation palpable.