Selon la dernière étude publiée par Interface MICE, les entreprises sanctuarisent leurs budgets événementiels pour renouer avec le présentiel, tout en imposant de nouvelles exigences écologiques et logistiques aux prestataires.
Selon les résultats de la 7ème étude annuelle d'Interface MICE consacrée au marché français en 2026, les événements en présentiel restent incontournables pour 93,3% des professionnels interrogés, qui y voient le principal levier pour se reconnecter et partager des moments forts ainsi que pour maintenir la cohésion d'équipe. La demande se concentre aujourd'hui sur les séminaires et les incentives, cités à 90% chacun, suivis par les conventions (56,7%). Les organisateurs privilégient des formats très maîtrisés : près de 77% optent pour des groupes de 30 à 70 personnes, réunis le plus souvent sur 3 jours et 2 nuits (61,1%) ou 4 jours et 3 nuits (53,3 %). Côté hébergement, l'exigence de qualité prime, avec demande en majorité pour les hôtels 4 étoiles (83,3%), qui devancent les cinq étoiles (66,7%) et les établissements équipés d'espaces événementiels intégrés (62,2%).
Sur le plan budgétaire, 40% des acheteurs constatent un maintien de leurs enveloppes, tandis que 44,4% observent une hausse (31,1% évoquant une légère augmentation et 13,3% une hausse significative). La dépense moyenne sur place, hors transport aérien, se situe entre 500 et 700 euros par jour et par participant pour 46,7% des sondés, et grimpe même entre 700 et 1.000 euros pour 27,8 % d'entre eux.
L'Europe, une place de choix pour l'organisation d'événements
Toutefois, l'organisation de ces déplacements doit composer avec des freins extérieurs majeurs : le contexte géopolitique d'une région (76,7%), la flambée des prix des billets d'avion (73,3%) et l'actualité locale (55,6%). Par conséquent, la sécurité des collaborateurs demeure une préoccupation centrale (52,2%) qui impacte lourdement la logistique et la planification des événements (48,9%).
Concernant le choix des destinations, l'Europe hors de France (81,1%), la France métropolitaine (75,5%) et l'Afrique du Nord (51,1%) captent l'essentiel des projets. À l'étranger, l'Espagne (13,6%), l'Italie (12,2%) et le Maroc (11,8%) forment le trio de tête. Si 100% des organisateurs se déclarent ouverts à l'exploration de nouvelles destinations pour 2026, les incertitudes mondiales les poussent à sécuriser au maximum leurs opérations. Pour pallier ces risques, la majorité d'entre eux (66,7%) s'appuient désormais systématiquement sur des agences réceptives afin de garantir la fluidité logistique sur le terrain.
Le critère RSE intégré aux cahiers des charges
La dimension environnementale s'intègre par ailleurs de plus en plus concrètement dans les cahiers des charges. Près de la moitié des acheteurs notent une hausse de la demande pour des événements intégrant une démarche RSE. Selon le rapport, sur le terrain, cela se traduit par l'intégration d'activités à impact social ou environnemental dans les programmes (64,4%), la priorité donnée au train plutôt qu'à l'avion lorsque la distance le permet (57,8%), ou encore le recours à la compensation carbone financière (40%). Une attention particulière est également portée aux certifications des prestataires locaux, jugées importantes ou très importantes par 66,7% des décideurs.
Pour préparer 2026, l'optimisme domine puisque plus de 70% des sondés anticipent une croissance de leur volume d'activité. Dans ce contexte de reprise, l'accompagnement par les institutions touristiques est particulièrement recherché : 82,2% des professionnels prévoient de consulter les offices de tourisme et bureaux des congrès pour leurs futurs projets. Preuve de cette quête d'expertise terrain, les fameux éductours conservent toute leur pertinence, à tel point que près de 70 % des acheteurs se déclarent aujourd'hui prêts à participer financièrement à ces voyages de repérage.