MICE : la filière événementielle réclame un nouveau plan de sauvetage

De nombreuses entreprises du secteur événementiel craignent de mettre la clé sous la porte sans un soutien massif de l’État.

Le secteur de l’événementiel connaît une crise d’une ampleur sans précédent. Il se démène pourtant, depuis des mois, pour relancer son activité. L’optimisme était de rigueur cet été. La reprise de l’épidémie ces dernières semaines a douché ses espoirs. La filière a pourtant voulu montrer l’exemple, en organisant ce mois de septembre, en présentiel, les salons Heavent Meetings à Cannes, SO événements (Meet&Com) à Bordeaux ou encore Pure Meetings & Events à Paris. Mais les difficultés s’accumulent. Dernier exemple en date, la baisse de la jauge pour les grands rassemblements, de 5 000 à 1 000 personnes dans plusieurs grandes villes dont Paris, Lille, Toulouse, Saint-Étienne, Lyon, Nice, Montpellier ou Rennes, alors que le secteur demandait au contraire qu’elle augmente…

Les entreprises broyaient déjà du noir avant cette annonce. L’avenir s’annonce désormais plus sombre encore. La Tribune a ainsi publié ce mois-ci une série d’articles sur GL events, soulignant les limites et les failles du système mis en place par l’entreprise lyonnaise, dans le contexte actuel. Comexposium, l’organisateur de très nombreux salons dans le monde dont le Salon de l’Agriculture et Vinexpo, a pour sa part présenté la semaine dernière un plan de sauvegarde devant le Tribunal de commerce de Nanterre (92), étalé sur douze mois pour lui permettre de redresser la barre.

Beaucoup d’entreprises – et notamment des PME nombreuses dans le secteur – sont aujourd’hui à l’agonie. Elles ne survivront pas sans un coup de pouces supplémentaire de l’État. Le SAE (syndicat des activités événementielles) et le collectif formé de six organisations (Coésio, Créalians, Lévénement, Sympase, Traiteurs de France et Unimev) représentant les différentes composantes de la filière ont récemment encore appelé le gouvernement à l’aide et interpellé le Premier Ministre Jean Castex. En effet, à compter de novembre, 15% du chômage partiel doit être pris en charge par les professionnels. Or, ces derniers n’ont aujourd’hui aucune visibilité. Et rares sont ceux qui espèrent désormais un retour à une activité normale avant un an, voire davantage.

«Tous les acteurs de la filière événementielle se mobilisent aujourd’hui pour sauver leur profession et demandent aux pouvoirs publics de mettre en place, sans plus attendre, un plan de sauvegarde massif. Au final, un pan entier de l’économie est mis à terre alors qu’il n’existe pas plus de risque d’organiser une réception, dans le strict respect des règles sanitaires, que d’aller faire ses courses dans un supermarché pour lequel aucune jauge n’est mise en place » avance Alain Marcotullio, président de l’association Les Traiteurs de France qui regroupe les leaders nationaux (37 entreprises) d’un secteur parmi les plus touchés dans la filière événementielle.

Le gouvernement pourrait décider de mesures de soutien qui perdureraient jusqu’en 2022. Le prix à payer pour sauver l’une des filières d’excellence de notre pays.