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MICE : la révolution verte de l’événementiel a-t-elle eu lieu ?

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

9 juillet 20252 min de lecture

MICE-vert-GBTA
MICE-vert-GBTA© Romain Flohic

La transition écologique du secteur événementiel est-elle une réalité ou un mythe ? À l’occasion d’une table ronde organisée lors de la Masterclass GBTA France et animée par David Keller, rédacteur en chef de DéplacementsPros ; Matt Régnier, CEO chez Pleni The International et Élise Legris, COO de Green Evénements, ont confronté leurs points de vue sur la question.

Dès l’ouverture du débat, le ton est donné : si la réglementation européenne semble reculer sur la RSE, de nombreux acteurs du MICE avancent sans attendre les injonctions légales, selon Elise Legris. Pour la COO de Green Evénements, la demande de critères durables dans les appels d’offres est en hausse, portée autant par l’image de marque que par l’attractivité employeur.

Matt Régnier, lui, pointe la difficulté d’insuffler de la contrainte dans un univers historiquement dédié à la fête et à la convivialité : « C’est compliqué de dire aux gens de faire la fête, mais sans casser de verre, sans musique trop forte... Les limitations sont antinomiques avec l’esprit événementiel. » Pour lui, malgré les bonnes intentions, le budget reste trop souvent le véritable arbitre des choix. Qui plus est, si un organisateur doit réaliser des économies sur un événement, "la ligne RSE est souvent la première à être coupée".

Des exemples concrets… et des résistances persistantes

Pourtant, certains exemples montrent que la contrainte écologique peut rimer avec économie. Élise Legris cite ainsi le cas d'un client qui, en supprimant la moquette et en organisant le covoiturage lors d’un événement, a économisé pas moins de 30.000 euros. « Oui, il faut des personnes qui montrent l’exemple », souligne-t-elle, tout en reconnaissant que ces réussites restent trop peu connues.

Matt Régnier nuance : « Au fond, les clients veulent rêver et c’est à nous, agences et créatifs, de raconter une histoire autour de la durabilité. Mais il ne faut pas se voiler la face, proposer un événement local à Paris n’a pas le même pouvoir d’attraction qu’un week-end à Marrakech. » Comment rendre la durabilité “sexy” ? En réinventant la narration, en valorisant les expériences locales et en donnant du sens à chaque choix, répond Élise Legris. Elle ajoute : "Nous avons tous des préjugés et des idées pré-concues, mais à mon sens, on peut faire des achats responsables, bâtir une vraie politique RSE et se former pour lever les doutes".

Pour conclure, la transition vers des événements “verts” avance, mais elle reste freinée par des arbitrages budgétaires, des habitudes bien ancrées et une certaine peur de dénaturer l’expérience. Pour que le “vert” ne soit plus un mythe, le secteur devra oser sortir des sentiers battus, valoriser les bonnes pratiques et s'entourer de prestataires de confiance.

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