Nouvelle jauge et test antigénique pour sauver l’événementiel

A l’heure où l’épidémie de coronavirus est en expansion en France et ailleurs en Europe, la jauge des 4m2 par personne et les tests antigéniques salivaires seront à même de rassurer les organisateurs et exposants des événements professionnels.

La jauge autorisée pour la tenue des événements professionnels (passée de 5000 à 1 000 le mois dernier) est au cœur des préoccupations des acteurs du Mice. Olivier Ginon, le patron et fondateur du géant de l’événementiel lyonnais GL Events, s’est félicité, jeudi dernier sur BFM Business, du choix du premier ministre Jean Castex de basculer vers une autre méthode de comptage, soit 4m2 par personne, pour calculer la jauge, «ce qui permettra aux organisateurs et exposants d’un salon d’avoir la certitude qu’il va bien se tenir». Aujourd’hui, le secteur est très fragilisée par le risque de voir l’événement annulé en dernière minute par le préfet.

Une autre initiative permettrait de rassurer les différents acteurs de la filière, la mise en place de tests antigéniques salivaires qui permettent d’obtenir des résultats très rapides, en quelques minutes. Ces tests seront disponibles dans deux mois.« Dès aujourd’hui, l’État doit autoriser les organisateurs d’événements professionnels, culturels et sportifs, à tester le public et à filtrer les entrées en fonction des résultats positifs », a ainsi plaidé ce dimanche Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef, dans les colonnes du JDD. « Ça éviterait de condamner cette industrie à une mort lente ».

Cette mesure s’ajouterait à d’autres prises par le gouvernement pour essayer de sauver la filière, notamment la suspension des charges sociales et patronales. Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a aussi annoncé la semaine dernière l’élargissement du fonds de solidarité aux entreprises jusqu’à 50 salariés (20 auparavant) dont le chiffre d’affaires a baissé d’au moins 70% (contre 80%). Ces PME pourraient ainsi toucher 10.000 euros par mois, mesure annoncée fin septembre par Bercy.

La semaine précédente, le gouvernement de Jean Castex avait décidé que le chômage partiel serait indemnisé à 100% jusqu’à fin décembre pour les secteurs protégés dont la filière événementielle. Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État chargé du Tourisme, avait par ailleurs déclaré sur la chaine Public Sénat qu’il souhaitait rapidement «travailler sur des protocoles» avec les professionnels du secteur Mice, dont le SAE et le collectif formé de six organisations (Coésio, Créalians, Lévénement, Sympase, Traiteurs de France et Unimev) représentant les différentes composantes de la filière.

Cette dernière va être en effet durablement impactée, et la reprise ne peut être que très progressive. Beaucoup d’entreprises – et notamment des PME nombreuses dans le secteur – ne survivront probablement pas sans un coup de pouce supplémentaire de l’État, au delà de la fin de l’année. Olivier Ginon demande notamment le maintien de la suspension des charges sociales et patronale sur l’ensemble de l’année 2020, et du chomage partiel « au moins jusqu’au 30 juin 2021 ».