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Achats travel : plus de stratégie avec moins de budget ?

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

29 octobre 20253 min de lecture

Achats-Travel
Achats-Travel© Adobe Stock

Selon un rapport publié par BCD Travel, la fonction d'acheteur travel est en pleine transformation, naviguant entre un impératif de maîtrise des coûts et l'émergence de nouvelles exigences stratégiques.

Dans un contexte de dépenses contrasté, 42% des acheteurs interrogés par BCD Travel constatent une hausse de leur budget en 2025, tandis que 29% observent une stabilité et 29% une baisse. Les augmentations sont principalement tirées par la croissance de l'activité et, à l'inverse, les réductions budgétaires s'expliquent surtout par une volonté de maîtrise des coûts. Interrogés sur leurs priorités, les acheteurs placent sans surprise les économies et le contrôle des coûts en tête de liste, un objectif cité par 86% d'entre eux, devant l'obtention de données de meilleure qualité (38%) et le respect des contrats négociés (36%).

Cependant, la fonction fait face à des défis de taille. La charge de travail se concentre sur la négociation des contrats, la gestion des appels d'offres et l'analyse de la performance. Ces tâches sont complexifiées par une forte pression sur les prix, les coûts élevés et les fluctuations tarifaires, représentent les principaux obstacles pour 40% des acheteurs sondés. 

61% des sondés font appel à une TMC

Pour contenir les coûts, les entreprises ont déjà activé plusieurs leviers. La consolidation du portefeuille fournisseurs a été mise en œuvre par 51% des répondants, tandis que 46% ont procédé à des renégociations d'accords et 40% utilisent des outils de 'reshopping'. Sur le plan contractuel, l'hôtellerie se distingue par un cycle de renégociation quasi systématiquement annuel pour 87% des entreprises, là où l'aérien et la location de voitures s'inscrivent dans des temporalités plus longues, supérieures à un an.

Cette agilité a un coût : la gestion du sourcing est une tâche de plus en plus lourde. La négociation et la gestion des contrats sont considérées comme l'activité la plus chronophage par 52% des acheteurs, devant la gestion des appels d'offres (42%) et l'analyse des performances fournisseurs (39%). Pour mener à bien ces missions, 61% des entreprises s'appuient sur l'expertise de leur TMC, tout en recourant ponctuellement à des cabinets de conseil ou à des solutions technologiques.

La durabilité : un critère en devenir, mais pas encore au premier plan

Au-delà des aspects purement économiques, les critères non financiers gagnent du terrain. L'amélioration de la collaboration avec les fournisseurs sur le Duty of Care (18%) et sur la durabilité (16%) figurent désormais parmi les priorités des équipes achats. L'évaluation de la performance des fournisseurs reflète cette tendance et si les économies réelles restent le critère numéro un (71%), le respect des accords de niveau de service (59%) et le retour d'expérience des voyageurs (59%) sont tout aussi importants. Bien que la durabilité ne soit un critère d'évaluation formel que pour 10% des acheteurs, elle devient un enjeu central, notamment dans les attentes pour les futures négociations hôtelières où 24% des acheteurs prévoient d'augmenter leurs exigences en la matière.

Seulement 15% des acheteurs utilisent l'IA

Quant à l'avenir du sourcing, il semble promis à une forte évolution technologique. L'intelligence artificielle est perçue par 61 % des acheteurs comme le principal vecteur de changement, bien que son utilisation reste encore limitée à 15% d'entre eux. Le passage à une tarification dynamique et à un sourcing en continu est également perçu comme une évolution majeure par 45 % des professionnels.

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