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Air France (Henri Hourcade) : “Le domestique sera forcément au cœur des négociations avec les entreprises en 2026”

A l’occasion du salon IFTM, Henri Hourcade, SVP France Air France-KLM, nous a accordé un entretien pour tracer quelques lignes d’horizon du business travel en France.

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David Keller

David Keller

24 septembre 20254 min de lecture

Air France (Henri Hourcade) : “Le domestique sera forcément au cœur des négociations avec les entreprises en 2026”
Henri Hourcade, SVP Air France-KLM, lors de l'IFTM 2025.© DKP

Quelles sont les tendances sur les voyages d'affaires globaux, leur fréquentation, et sur les tensions géopolitiques affectant éventuellement certaines lignes de façon significative ? Je pense notamment aux routes vers les États-Unis…

Henri Hourcade : Le marché affaires est très résilient. Nous sommes sur de la stabilité. Nous avions beaucoup de questions sur le trafic vers les États-Unis depuis le printemps, mais nous avons constaté une très grande résilience du marché affaires et des cabines affaires. Sur les États-Unis, tout a bien fonctionné jusqu'à fin août, y compris en classe économique. À partir de septembre, nous avons des réservations orientées légèrement en dessous des capacités.

En baisse par rapport à 2024 ?

Oui mais ce n'est pas évident de faire un diagnostic car en 2024, nous étions en post-JO avec beaucoup de reports de voyage. Nous avons donc fait un mois de septembre 2024 très fort. Cette année, nous allons faire un mois de septembre en demi-teinte par rapport à septembre dernier. Les engagements sur les États-Unis sont un peu en retrait mais pas pire que les autres réseaux, avec - je le répète - un marché affaires qui reste résilient.

Cela correspond à ce que disent beaucoup de TMC qui opèrent à l'international : elles ne constatent pas de tassement vraiment sérieux...

Oui : les affaires restent les affaires. Concernant l’Amérique du Nord, le phénomène le plus significatif que nous avons constaté, c’est un marché canadien qui a explosé avec +30% vers la France. Il y a peut-être un peu de politique : les Canadiens qui allaient en vacances aux États-Unis se tournent vers l'Europe, en particulier vers la France. Le plus gros effet est donc davantage "leisure" que "business".

Dans les négociations avec les entreprises, constatez-vous une attitude frileuse ou, au contraire, optimiste des entreprises ? Comment anticipez-vous les discussions pour 2026 ?

Je les anticipe relativement stables. Il y a cependant un changement important à noter : le nouveau programme sur les vols domestiques à l'été 2026. Nous aurons forcément cet élément central dans nos discussions car nous mettrons en valeur un nouveau programme “Charles de Gaulle-Province” renforcé sur Marseille, Nice et Toulouse. Cela sera un sujet car certaines entreprises nous suivront sur Charles de Gaulle grâce à notre produit haute fréquence point-à-point qui améliorera considérablement la connectivité des trois villes que je viens de citer au hub. Pour nous, c'est une opportunité d'améliorer notre connectivité sur des villes en concurrence frontale avec d'autres compagnies long-courriers qui connectent leur hub sur Toulouse, par exemple, depuis Francfort ou Londres. Renforcer la qualité des correspondances pour l'Asie et l'Amérique est très important commercialement sur notre cœur de métier : l’international. Mais d'autres entreprises voudront rester sur Orly, et là, le produit Transavia sera une nouveauté : de la haute fréquence avec 8 rotations quotidiennes sur Toulouse et Nice, notamment.

Pour ces entreprises qui choisiront de rester sur Orly, leurs voyageurs passeront d’Air France à Transavia. Un vrai changement…

En termes de service, quand vous passez d'Air France à Transavia, oui, c'est un autre produit. Mais Transavia a travaillé sur son tarif Max pour avoir un produit correspondant aux besoins du marché d'affaires : produit flexible, embarquement prioritaire, placement à l'avant de l'avion, accès au salon à Orly, opérationnel en avril 2026. Le tarif Max de Transavia est un véritable produit affaires.

Parlons distribution maintenant. L'arrêt des “private channels” pour les ventes Air France via Edifact, c'est bien début janvier ?

L'échéance est bien début janvier. Ce qui est important sur NDC, c'est que nous avons passé un cap. Nous ne sommes plus sur "ça ne marche pas, je ne veux pas y aller". C'est un sujet industrie, pas juste un projet Air France. NDC est le canal qui permet de rester en phase avec toutes les innovations tarifaires. Nous travaillons avec Amadeus et l'ensemble des agrégateurs comme Wondermiles, Travel Fusion… Nous sommes en accélération : nous avons dépassé les 20% de pénétration sur les agences affaires en France. En janvier, nous étions à 10%, nous avons donc doublé en quelques mois. Les TMC en font un argument commercial auprès des entreprises, arguant qu'elles maîtrisent l'ensemble des produits tarifaires des compagnies aériennes. 

Ce sont même, de plus en plus souvent, leurs clients qui exigent une connexion NDC…

Oui : c'est un entraînement positif et nous faisons en sorte d'être là pour aider, tant sur le rythme que sur les services d'assistance : service de réponse téléphonique, chat... Je ne veux pas qu'on laisse les gens bloqués. Il faut donner un maximum d'autonomie, mais s'il y a un problème, nous sommes là. Avec nos partenaires, nous faisons la différence car on sait que l'équipe Air France est disponible : ils ont leurs contacts au téléphone ou en chat le soir, la nuit, le week-end… C'est un point d’attention très important, surtout dans le business travel : ne pas laisser les gens bloqués avec un problème.

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