Automnales SAP Concur : « la Covid ne doit pas faire oublier les autres risques »

Avec la crise sanitaire, la sécurité et le confort du voyageur d’affaires se trouvent aujourd’hui au cœur des préoccupations des entreprises. Tout autant que leur volonté d’inscrire le déplacement professionnel dans une démarche éco-responsable…

Dans le cadre des Automnales SAP Concur, une première webconférence, ce mardi, avait pour thème Penser le voyage d’affaires dans un contexte incertain : les bons réflexes ! L’animateur du webinar, Guillaume Ridolfi, directeur Channel Sales France & Benelux chez le spécialiste des solutions intégrées de gestion des frais et déplacements, a d’abord insisté sur l’environnement actuel du voyage d’affaires, à l’heure où l’on parle de plus en plus de cinquième vague, et du manque de visibilité du secteur à moyen et long terme.

Les intervenants se sont ensuite accordés sur le fait que l’on voyagera moins mais mieux demain. « Encore faut-il définir la notion de voyage essentiel (..). Il est important de recourir à des procédures solides» a rappelé Cécile Caplin, Responsable Sûreté France chez International SOS. Et l’on a pu en effet constater depuis le début de la crise un renforcement des procédures d’approbation. Des interdictions de voyager, notamment en long-courrier, sont d’ailleurs toujours appliquées par certaines entreprises, pour des raisons de duty of care, voire parfois budgétaires…

Si l’on fait bien sûr valoir les atouts des outils digitaux et de la visioconférence, nul doute que la RSE est devenue aujourd’hui le sujet central du voyage d’affaires, d’autant qu’elle peut aussi s’inscrire dans une démarche de réduction des dépenses des déplacements professionnels. Stéphane Vallageas, Strategic Sourcing Manager chez Pitney Bowes, a toutefois rappelé que de nombreuses entreprises n’avaient pas encore revu leurs politiques voyages depuis le début de la crise. « C’est bien sûr facile à dire mais beaucoup moins à faire. Il faut notamment savoir quels outils mettre en place dans une démarche RSE » a ajouté l’ancien président de la GBTA France, aujourd’hui représentant du chapitre français au sein du board de GBTA Europe.

Comment mieux accompagner les voyageurs, et les sociétés qui doivent aider leurs collaborateurs à voyager en sécurité ? Pour Saskia Chevallier, Global Travel Manager chez SBM Offshore, «il faut savoir gérer le stress du voyageur, surtout quand il y a pléthore d’informations parfois contradictoires. En la matière, il y a peut-être un travail de simplification à effectuer ». Stéphane Vallageas invite d’ailleurs les TMC à délivrer des informations adaptées et simples. Cécile Caplin a renchérit sur le volet duty of care. «S’il est une obligation légale, la crise l’a mise davantage en avant en tant qu’obligation morale », a-t-elle indiqué, estimant indispensable de bien préparer son voyage en amont : « C’était déjà le cas avant la crise et ça l’est davantage encore aujourd’hui, par le biais des formations et des e-learnings à destination des voyageurs notamment». Là encore pour des questions de sécurité, Eric Ritter, président de VoyagExpert, a ensuite noté la demande accrue pour des hôtels de chaîne, avec des protocoles Covid plus élaborés, ou encore le recours aux compagnies aériennes proposant des vols directs plutôt qu’avec correspondances.

Globalement, l’heure est à l’optimisme, en raison notamment des succès des campagnes de vaccination et de la mise en place du pass sanitaire. Mais si nombre de voyageurs d’affaires sont contents de revoyager, il faut aussi compter avec l’angoisse de beaucoup d’autres. Et Cécile Caplin de rappeler que la covid ne doit pas faire oublier les autres risques, géopolitiques, cyber, climatiques et naturels… Stéphane Vallageas insiste notamment sur « la crise qui va rester, qui sera pérenne : la crise climatique ». Et Stéphanie Zetlaoui, Senior Pre Sales Specialist Travel chez SAP Concur, de souligner la nécessité pour les voyageurs d’affaires, demain, de se tourner vers une offre plus verte, et de préférer notamment, autant que possible, le train à l’avion.