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AWFT 2025 : "Le voyage d’affaires s’impose comme un précurseur en matière de durabilité"

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

23 octobre 20254 min de lecture

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sustainability© lovelyday12

Pour sa 6ème édition, l'événement A World For Travel (AWFT) s'installe à Paris et se tiendra les 30 et 31 octobre. Entretien croisé avec Frédéric Vanhoutte, président exécutif de l'événement et Christian Delom, secrétaire général, pour revenir sur les enjeux de cette édition 2025, marquée par une mise en lumière du marché du voyage d'affaires.

Quelle est l'ambition principale de cette sixième édition d'AWFT ?

Frédéric Vanhoutte : L'ambition de cette édition est claire, il faut continuer à mettre en œuvre des actions concrètes et créer des synergies puissantes entre les acteurs de l'écosystème, les institutions et les médias pour transformer durablement notre industrie. Nous ne sommes plus dans le simple constat. Pour marquer cette étape, nous avons commandé un grand état des lieux au cabinet Boston Consulting Group sur la situation mondiale. Ce rapport nous servira de base pour identifier les nouveaux défis à relever pour le secteur du Travel en matière de développement durable. Des progrès ont été faits ces dernières années, mais ce n'est pas encore assez. L'heure est à la mesure des actions, à l'analyse des résultats et à l'inscription de notre transformation dans une perspective de long terme.

Qu'est-ce qui change cette année pour incarner cette nouvelle phase ?

Frédéric Vanhoutte et Christian Delom Crédit : AWFT FVH : Le choix de Paris comme ville hôte est un symbole fort. C'est une destination particulière pour parler de durabilité. Après avoir débuté dans des villes plus modestes, nous avons pris conscience que les grandes métropoles ont un impact majeur. Paris attire énormément de monde, possède un patrimoine historique incroyable et, surtout, est une ville très accessible avec des transports décarbonés, notamment grâce à ses nombreuses connexions ferroviaires.

Au-delà du lieu, c'est l'état d'esprit qui a évolué. Après cinq à six ans de constats, nous sommes aujourd'hui résolument dans le concret et le réel. On observe aussi une évolution structurelle dans les entreprises : des personnes qui travaillaient sur la sustainability sont désormais membres de comités de direction, avec des budgets bien plus conséquents. Il y a un véritable "empowerment" du sujet. Cela se reflète dans la richesse des nouveaux participants, comme un responsable de la FIFA World Cup 26 qui viendra parler de l'organisation à New York.

Le voyage d'affaires est particulièrement présent cette année, avec la participation de grands noms du secteur. Pourquoi cette mise en lumière ?

FVH : C'est un axe stratégique. Les entreprises du secteur corporate accordent souvent plus d'importance et de rigueur à la durabilité que le secteur du loisir. La RSE y est beaucoup plus encadrée d'un point de vue légal, et les entreprises sont très vigilantes sur leurs engagements. Le voyage d'affaires comme un précurseur, un moteur qui vient influencer le loisir en matière de durabilité. On passe de démarches individuelles isolées à une transformation au niveau des grands groupes. 

Christian Delom : C'est simple, il n'y aura pas de transformation durable du secteur du voyage et du tourisme sans une transformation profonde et simultanée des voyages affaires et loisirs. Ces segments sont totalement interdépendants. Prenez l'aérien ou l'hôtellerie, leur modèle économique repose sur ces deux piliers. Il est donc indispensable d'adresser le sujet au secteur corporate, car il est l'un des moteurs économiques majeurs de toute l'industrie. C'est une question de logique et de cohérence.

Quels sont les leviers spécifiques au voyage d'affaires pour accélérer ce changement ?

CD : Le marché corporate a une capacité unique à intégrer le changement, principalement grâce au cadre existant. Toutes les règles RSE qui régissent les entreprises et leurs PVE créent un environnement beaucoup plus structuré et contraignant.

Cependant, il fait aussi face à un défi majeur. Aujourd'hui, le marché mondial est traversé par une crise économique importante. L'enjeu est donc de réussir à faire converger deux objectifs. La maîtrise des coûts d'une part et la sobriété d'un déplacement responsable de l'autre. Il faut trouver le point d'équilibre entre la rentabilité, les engagements RSE, qui sont particulièrement forts en Europe, et l'efficacité globale des voyages d'affaires.

L'actualité est marquée par les grands événements sportifs. Comment cela peut-il se rattacher au secteur MICE ?

CD : En effet, nous allons beaucoup parler d'événements sportifs, dont les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de Football, qui relèvent à première vue du loisir. Mais en sous-jacent, cela soulève des problématiques d'impact qui concernent toute la politique d'organisation d'événements. La vraie question que cela pose est : la politique événementielle est-elle aussi bien gérée et structurée dans le secteur MICE que dans d'autres domaines ? L'attention portée aux grands événements doit nous pousser à aligner les standards de durabilité sur l'ensemble du segment événementiel.

Un dernier mot sur la vision d'AWFT ?

FVH : Le projet n'en est qu'à ses débuts. Son essence est de permettre aux professionnels de s'extraire de leurs routines pour voir ce qu'il se passe ailleurs et collaborer. On est toujours plus intelligents à plusieurs que tout seul. La diversité du casting et de nos intervenants est la clé.

L'intégralité du programme et le lien d'inscription sont disponibles ici.

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