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CWT Italie : 190 postes supprimés, Long Lake mis en cause par les syndicats

CWT Italie a engagé une procédure de licenciement collectif visant 190 salariés, soit près de 45% de ses effectifs. Les syndicats dénoncent les conséquences sociales de la transformation du groupe, désormais contrôlé par Long Lake après son acquisition par Amex GBT.

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David Keller

David Keller

19 octobre 20262 min de lecture

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© AdobeStock

La procédure de licenciement collectif engagée chez CWT Italie concerne 190 salariés. Le chiffre a été annoncé le 5 octobre par les organisations syndicales Filcams CGIL, Fisascat CISL et UILTuCS, qui représentent les travailleurs du commerce, du tourisme et des services en Italie.

Dans un communiqué commun, les trois organisations établissent un lien entre cette restructuration, les changements successifs d’actionnaire et les investissements dans l’intelligence artificielle. En cause, en particulier, l'acquisition d'Amex GBT - propriétaire de CWT - par le fonds américain Long Lake Management.

Pour les syndicats, cette évolution de l’actionnariat s’accompagne d’une transformation profonde de l’organisation du travail. Ils estiment que les gains de productivité attendus de l’IA risquent de se traduire principalement par des réductions de coûts et d’effectifs.

Leur position est explicite : « Les bénéfices de l’innovation ne doivent pas être uniquement réservés aux actionnaires et aux investisseurs, tandis que les coûts sociaux de ces transformations sont supportés par les salariés. »

Les syndicats ne contestent pas le principe de l’innovation technologique. Ils demandent que les gains éventuels financent également la préservation des emplois, la formation et la reconversion professionnelle. Ils réclament par ailleurs un examen des solutions alternatives aux licenciements et souhaitent associer les ministères italiens compétents à la discussion.

> Lire aussi : Amex GBT rachetée par Long Lake pour plus de 6 milliards de dollars

Long Lake mis en cause

Le dossier dépasse la seule question de l’automatisation. Dans un second communiqué, publié le 14 octobre, les syndicats ont demandé des éclaircissements sur les orientations industrielles et commerciales du groupe depuis les changements d’actionnaire.

Ils s’interrogent notamment sur les conditions d’intégration de CWT au sein d’Amex GBT et sur les conséquences de cette opération pour les perspectives de développement de l’entreprise italienne. Ils souhaitent également savoir si certaines orientations commerciales prises après l’acquisition ont pu limiter les possibilités de croissance de CWT au bénéfice de sa maison mère.

Ces éléments constituent des interrogations syndicales, et non des faits établis. Ils montrent néanmoins que les représentants du personnel ne réduisent pas la restructuration à un simple effet mécanique de l’IA : ils demandent des explications sur la stratégie du groupe, ses choix commerciaux et les conséquences de la nouvelle organisation capitalistique.

Le premier rendez-vous de la procédure, prévu à Milan le 16 octobre, devait permettre d’aborder ces questions, mais, pour l'heure, aucune communication n'a été produite à sa suite. Les syndicats ont annoncé leur intention de demander le retrait du plan et l’ouverture d’une concertation institutionnelle. Les trois organisations ont également évoqué la possibilité d’actions collectives en l’absence de réponses jugées satisfaisantes.

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