Décarbonation du voyage d’affaires : accusés Google, KPMG, IBM, Volkswagen ou Danone, levez-vous !

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Décarbonation des voyages d'affaires : Google, KPMG, IBM, Accenture, Volkswagen ou Danone, accusés, levez-vous l

Travel Smart publie la 3ème édition de son classement des politiques "voyage" de multinationales quant à leur plan de réduction de l'aérien. Une fois de plus, les résultats sont scandaleusement décevants.

Il s'agit de la troisième édition du classement Travel Smart, qui mesure les plans de réduction de l’aérien dans la politique voyage de 328 multinationales. Et les résultats ne sont pas du tout satisfaisants.

Amer bilan

Chacune de ces 328 entreprises américaines, européennes et indiennes se voit attribuer une note A, B, C ou D en fonction de onze indicateurs relatifs aux émissions des transports aériens, aux objectifs de réduction et à l'établissement de rapports. Dans l'édition de cette année, 16 entreprises ont obtenu la note A, 40 la note B, tandis que la grande majorité a reçu la note C (230) et que 42 entreprises ont vu la note D accolée à leur nom.  

Si on entre davantage dans le détail… Sur les 328 entreprises évaluées dans le cadre du classement, seules 57 d’entre elles se sont fixé des objectifs de réduction des émissions liées aux déplacements aériens. 44 entreprises rendent compte de l'impact climatique total de leurs déplacements (y compris les émissions autres que le CO2), contre 40 dans l’édition précédente.  

Et Travel Smart de noter qu’alors que de nombreuses entreprises déclarent publiquement qu'elles réduiront leurs émissions conformément à l'Accord de Paris, seulement 7 entreprises supplémentaires ont adopté des objectifs depuis l'année dernière…

Magnificient 16

Ce bilan très médiocre recèle heureusement quelques bons élèves. 16 entreprises du classement ont obtenu la note A : cinq de plus qu'en 2023. Il s'agit notamment de Pfizer, AstraZeneca et de l'éditeur de logiciels Oracle. Ce pool de vertu prouve par l’exemple que les entreprises peuvent opérer des changements novateurs et se fixer des objectifs ambitieux en adoptant de nouvelles méthodes de travail, en remplaçant les voyages en avion par des modes de transport alternatifs ou en recourant davantage à la visioconférence.  

Dans la fixation d’objectifs ambitieux, l’étude démontre que le secteur d’activité n’est pas déterminant. Par exemple, dans le secteur du conseil, se côtoient des entreprises sans objectifs (les géants KPMG et Accenture, notamment) et d’autres aux politiques ambitieuses (EY, PwC, Deloitte).

Dirty 25

Travel Smart relève que les 25 plus gros émetteurs n’ont pas de plans de réduction.  Ces 25 multinationales sont responsables de 36 % des émissions liées aux voyages d'affaires du classement qui en compte 328. Si elles réduisaient de moitié leurs voyages d'affaires aériens (5,9 Mt de CO2, l’équivalent des émissions produites par 3 millions de voitures en un an), elles réaliseraient un tiers des réductions d'émissions nécessaires d'ici à 2025 pour les 328 entreprises du classement.

A noter que pour la troisième année consécutive, Google, Microsoft et Johnson & Johnson ont montré leur réticence à se fixer un objectif et à agir en conséquence, recevant une note de C ou D. Dans cette catégorie, on trouve également le géant pharmaceutique GSK, Danone et Unilever dans l’industrie agro-alimentaire, GE dans le secteur manufacturier, Amazon et Walmart dans le secteur du commerce de détail.

Shaming

Parmi les mauvais élèves, Travel Smart cible particulièrement celles des vingt-cinq entreprises qui, en plus d’être de très grosses émettrices sans plan de réduction, se trouvent en contradiction avec la promotion qu’elles font régulièrement de leurs politiques soi-disant ambitieuses en ce domaine. 

Pour stigmatiser les pires contrevenants, Travel Smart a opté pour une sorte de shaming ironique, en lançant une campagne de fausses publicités pour de fausses compagnies aériennes ayant pour nom lancé “Siemens Airlines”, “IBM Business Airlines” et “Johnson & Johnson Airlines” (voir les photos que nous avons reprises). 

Drôle. Et décourageant...