Déconfinement : « C’est obligé… demain, je repars »

Christophe Drezet, consultant associé au sein d’EPSA GROUPE conseille les entreprises sur les tendances du moment. Dans cette tribune, il nous parle de la vie professionnelle après le confinement…

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 » Ça y est ! Après des semaines entières à rester confiné chez moi à télétravailler tant bien que mal, je vais demain enfin pouvoir sortir et reprendre mon travail normalement. Je dis enfin, mais je ne cache pas que j’ai un peu peur de cette reprise. Et je dis « normalement », mais est-ce que ce sera vraiment le cas ?

Pour le premier point, si j’ai été testé comme ayant été porteur asymptomatique au préalable de mon déconfinement, on me recommande toute prudence, car il serait peut-être possible de contracter la maladie à nouveau. Pour le second, les obligations (port de masque, distance à maintenir) et les prescriptions internes de mon entreprise font que j’appréhende cette « rentrée ». Le coin « machine à café » est plutôt restreint, cosy et était un lieu de convivialité. Va-t-on y faire la queue à 1,5 m de distance comme à la boulangerie, bien protégés derrière nos masques et autres protections ? Bref, je ne sais pas trop comment, en termes humains, cela va se passer.

Cerise sur le gâteau, mes fonctions de commercial grand comptes font que dès cette semaine je dois effectuer un voyage circulaire en passant par différents pays d’Europe où mon principal client dispose de filiales. Et là j’avoue être dans le doute complet sur la manière avec laquelle celui-ci va se dérouler et également comment je dois m’y préparer. Entre autres, que vais-je mettre dans ma valise ?

Est-ce que je dois prévoir mon stock de masques protecteurs et de gel hydroalcoolique ? Une valise pour six semaines (au lieu d’une) au cas où je me retrouve bloqué dans un pays qui aura rétabli un confinement complet ? La question est bel et bien là puisque la plupart des gouvernements ont déclaré que si la pandémie reprenait, les mesures de réduction des libertés de déplacement reprendraient. Et je n’ai aucune envie de me retrouver bloqué à des milliers de kilomètres de chez moi et de ma famille. Même si être confiné tous ensemble n’était pas une sinécure, sans eux cela serait sans doute pire, voire insoutenable.

En bref, moi qui suis reconnu pour être serein en toutes circonstances, je me sens inhabituellement hésitant, ne sachant que faire, que penser, ni comment agir. Certes j’ai confiance en mon entreprise. Je sais qu’elle aura pris un certain nombre de mesures protectrices et qu’elle mettra tout en œuvre pour sécuriser ses collaborateurs, mais… elle est tout simplement comme moi, devant une situation qu’elle n’a jamais eu à gérer, mieux, que personne n’a jamais eu à gérer.

Bon, ce n’est pas en me parlant devant ma glace en me rasant que je changerai quoi que ce soit à cette situation inédite. Je vais essayer de passer une bonne nuit et… on verra bien demain comment ce jour d’après se déroule. »

Vous l’avez compris, j’ai essayé au travers de ces quelques lignes de me projeter dans la peau d’un voyageur d’affaires post-confinement, face à ses obligations professionnelles. Avant cette crise nos enquêtes d’opinion relevaient qu’environ un voyageur sur quatre vivait son voyage professionnel comme un stress. Combien seront-ils demain ?

Science-fiction ou pas (nul ne le sait) cette chronique met en lumière les interrogations qui seront les nôtres très prochainement, tout comme les nombreuses questions qui nous remontent, en interne, chez nos clients ou partenaires.

Avec tant d’incertitudes, nous devons cependant collectivement envisager d’ores et déjà le jour d’après. Ma chronique du mois de mai essaiera de tout remettre en perspective et de vous proposer des actions concrètes pour repartir.

Repartir plus fort, repartir plus loin, pour faire repartir notre économie à plein !

D’ici là nous allons continuer à échanger avec vous tous comme nous le faisons depuis le début de cette crise pour que nos convictions de demain répondent aux objectifs de vos entreprises.