Déplacements professionnels : vers une baisse drastique des voyages à l’étranger

Quels sera l’impact de cette crise sur le marché du tourisme et plus particulièrement du tourisme d’Affaires et du MICE ? Une étude commandée par Bpifrance livre de grandes tendances.

Alors que la France doit faire face à une crise sanitaire et économique sans précédent, le Gouvernement a adopté un plan massif de soutien visant à protéger les emplois et les entreprises. Selon nos confrères de l’Echo Touristique, l’impact de la crise sur les entreprises du tourisme sera «massif, brutal et sans doute durable, d’autant que la même situation prévaut à l’échelle mondiale, avec des impacts macroéconomiques forts dans les années à venir», explique une étude Horwath HTL pour Bpifrance. Cette étude réalisée entre le 30 mars et le 23 avril 2020 détaille les perspectives de sortie de crise pour le secteur, afin d’aiguiller les opérateurs, et les aider à rebondir.

Des vacances dans l’Hexagone 

Chez les vacanciers français, les congés d’été se passeront essentiellement en France. l’étude prévoit en effet un report sur la France de la plupart des 5,5 millions de séjours estivaux qui auraient été effectués à l’étranger dans d’autres circonstances. Le littoral pourrait être plébiscité, mais tout dépendra de l’accès aux plages. L’exécutif ne s’est pas encore prononcé à ce sujet, il faudra patienter jusqu’à la fin du mois de mai. Les réservations seront effectuées au dernier moment, compte tenu de l’incertitude sur la possibilité de voyager et de la crainte de ne pas être remboursé en cas d’annulation, souligne Horwath HTL. 

Sur 2020, le cabinet anticipe une érosion d’environ 25% de l’ensemble des séjours personnels des Français, dont -12% pour les séjours en France et -53% pour les séjours à l’étranger. Sur le seul segment des vacances marchandes, la baisse attendue atteint -41% en France et -63% à l’étranger. Les hébergements touristiques marchands auront perdu sur l’ensemble de l’année 2020 environ 150 millions de nuitées (- 30%). 

Année blanche pour le tourisme international

Pour le tourisme international, l’année sera ce que l’on appelle « une année blanche ». Le cabinet table sur une chute drastique des arrivées internationales en France en 2020 : – 58% par rapport à 2019, soit une perte de 52 millions d’arrivées. Le nombre record de touristes internationaux de 2019 dans notre pays pourrait être atteint à nouveau en 2022, avec cependant moins de recettes.

Les clientèles européennes (Espace Schengen) devraient être les premières à revenir en France, au mieux cet été pour les habitués frontaliers et à partir de l’automne pour les autres. La clientèle des marchés lointains (Amériques et Asie) n’est pas attendue avant 2021.

Le MICE passe au virtuel 

Du côté du marché du MICE, 180 reports d’événements prévus entre avril et décembre 2020 ont déjà été reportés et la liste ne fait que s’allonger. A ce jour, aucun retour à la normale n’a encore été annoncé par le gouvernement et cela dépendra fortement de la nature du déconfinement qui sera décidé. Si le secteur est est très fortement ralenti, de nombreuses entreprises ou organismes misent sur le virtuel en organisant leur événements à travers des conférences ou des ateliers en visio. En 2020, le marché du MICE devrait voir son chiffre d’affaires baisser de 50%, soit de 2,2 milliards d’euros avec une inactivité totale sur les mois de mars à juillet, puis une reprise partielle en septembre. La BPI prévoit un retour au « rythme de croisière » antérieur d’ici à 3 ans avec une année 2021 comme vecteur de relance et une consolidation du marché en 2022 et 2023. 

Moins de déplacements professionnels et davantage de télétravail ? 

Les déplacements professionnels ne devraient repartir que très timidement à l’issue du confinement pour voir et rassurer les clients, les fournisseurs, les  filiales, les collaborateurs… et repartir progressivement à la rentrée de septembre. En revanche, cette reprise progressive sera soumise aux restrictions officielles, à la santé économique des entreprises et au budget alloué aux voyages professionnels. De ce fait, l’étude prévoit une baisse de -34% pour les voyages en France et de -62% pour les déplacements à l’étranger en 2020. 

Concernant l’évolution des pratiques de travail, la crise liée au coronavirus aura des effets sur la relation entreprise/collaborateur. En effet, ces pratiques de travail et de communication à distance adoptées durant cette période de confinement pourraient se généraliser au détriment des déplacements professionnels. La contrainte sanitaire amène les entreprises à réfléchir aux fondements de leur politique voyages, non plus seulement dans une optique de réduction à la marge des budgets mais plus globalement sur le rapport efficacité/coût des déplacements. En parallèle, l’organisation d’événements virtuels pourrait, à termes, entraîner une mutation progressive de certaines manifestations. De cette façon, la conception notamment des salons pourra être amenée à évoluer sur le nombre d’exposants (et de visiteurs physiques), la périodicité, les contenus et les supports.