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[EDITO] TMC, quelles sont concrètement vos différences ?

Manifestement, quand on demande à des TMC ce qui les distingue, elles répondent “stratégie de développement”. Quelles différences pour le client ? C’est plus flou…

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David Keller

David Keller

19 janvier 20253 min de lecture

[EDITO] TMC, quelles sont concrètement vos différences ?
[EDITO] TMC, quelles sont concrètement vos différences ?© AdobeStock

“TMC : la menace de la banalisation”, tel est le titre d’une des tables rondes du Grand Live du Voyage d’Affaires organisé par CDS Groupe, la semaine dernière. Ce qui revient à se demander si les TMC sont (en voie de devenir) toutes les mêmes. En apparence, le panel, par sa diversité, écartait à lui seul cette perspective.

Une TMC globale propriétaire de sa technologie, Amex GBT (représentée par Yorick Charveriat, son DG France). Un réseau d’agences corpo exclusivement français et agnostique, Havas (représenté par Grégory Baumann, son DG adjoint). Une TMC française indépendante et propriétaire de sa tech, Amplitudes (représentée par José Martinez, son CEO). Une TMC française indépendante, agnostique et dans une dynamique d’internationalisation (VoyagExpert, représentée par Eric Ritter, son CEO).

Stratégies de développement

La simple énumération des caractéristiques des agences participant à ce débat suffit à mesurer à quel point leurs choix de développement, voire leur business model, se distinguent. Alors, à ce titre…

Yorick Charveriat, alors que son entreprise tente de passer sous les fourches caudines des autorités de la concurrence britannique et américaine pour finaliser l’acquisition de CWT, dit : “Il est capital de croître - même pour les acteurs plus petits - pour atteindre une taille critique et ainsi assurer les charges et financer les investissements”. Alors que José Martinez déclarait que la croissance organique était davantage “(s)on ADN”. 

Le même José Martinez de considérer que “les tmc doivent devenir des entreprises technologiques pour répondre à la fragmentation de l'offre mais aussi au défi de l’IA (car) avec des outils externes on a des contraintes énormes : ils sont standardisés, coûteux, ils impliquent des délais...”. Alors que Grégory Baumann s’inscrit en faux, du moins en ce qui concerne Havas : “Notre ADN, c’est la proximité et le service”.

Radio TMC

Et l’on voit bien que les discours s'appesantissent sur la stratégie de chacun, ce qui, en soi, n’est pas inintéressant, mais apporte peu d’information sur les vrais différences quant à leurs propositions auprès des clients… Sauf à croire naïvement que ceux qui misent sur la tech n’ont que faire du service et ceux qui font appel à des SBT se connectent à eux via un Minitel.

Empressons-nous de préciser que la réserve que nous émettons sur le fond du débat est faite en toute bienveillance, qu’elle n'incrimine ni le choix du sujet, ni le panel retenu, ni l’animation de la discussion, assurée par un fin connaisseur du business travel. D’autant plus bienveillante que DeplacementsPros, à bien des égards, peut essuyer les mêmes critiques. Mais en tout cas, on en est là : sur Radio TMC où “les agents parlent aux agents”. 

Certes, le modèle de développement choisi implique tacitement, en creux, une différence de service. Et encore ! Ainsi, Eric Ritter déclarera qu’il s’internationalise “pour répondre à la demande de (s)es clients du CAC40, face aux mastodontes anglo-saxons”... Mais, dans le même temps, José Martinez se dira en capacité de se placer dans un jeu global par le biais du “réseau volontaire mondial One Global porté par un acteur majeur au Royaume-Uni Clarity Business Travel, et aux Etats-Unis, World Travel”.

On imagine que chacun des dirigeants présents sur le plateau parlent avec leurs clients, leur fait la démonstration de leur valeur ajoutée, leur explicite les leviers qu’ils utilisent, leur propose des services différenciants… Mais le fait qu’ils n'en pipent mot en public fait peser le doute… Doute qui fait que, justement, au Grand Live du Voyage d’Affaires, on organise - à raison, selon nous, ad absurdum - un débat intitulé “TMC : la menace de la banalisation”.

Eric Ritter considéra, durant ce débat, que “le métier de travel manager (était) difficile”, recueillant l'acquiescement du reste du panel. Si ce métier consiste, entre autres, à choisir l’agence la mieux adaptée à son entreprise, on ne peut que se joindre au chœur.

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