EVP 2021 : « la RSE doit s’inscrire dans une logique de co-construction »

American Express GBT a organisé mercredi dernier et pour la seconde année consécutive en mode virtuel son salon professionnel EVP dédié à l’industrie du voyage d’affaires. Au programme, les « best practises » en matière de RSE et de durabilité, à l’heure de la pandémie de Covid-19. Compte-rendu.

La formule digitale de l’EVP (Espace Voyages Professionnels) se voulait cette année encore plus « immersive », avec des tables rondes et un hall d’exposition virtuel en 3D. American Express Global Business Travel entendait ainsi y engager une discussion soutenue sur la RSE. Cette édition a eu en effet comme fil rouge la responsabilité, qu’elle soit environnementale, économique ou sociale, afin de donner des clés pour une stratégie voyages responsable. Yorick Charveriat, le Vice-président et DG France d’Amex GBT, a d’abord rappelé sa certitude que l’industrie du voyage d’affaires devait « se réinventer » et que « l’une des clés de la reprise serait la RSE« .

Yorick Charveriat, le Vice-président & DG France d’Amex GBT, et Jason Geall, Vice-président senior et DG EMEA d’Amex GBT

Plusieurs intervenants aux quatre tables rondes organisées autour de cette thématiques ont relevé que la co-construction était l’un des facteurs d’efficacité majeurs en matière de responsabilité sociétale des entreprises, qu’elle s’inscrive dans les relations entre les différents services en interne, entre les collaborateurs, avec les clients et les fournisseurs.

Les questions de RSE se posent d’abord au sein même de l’entreprise. Pour Pierre Pelouzet, Médiateur des Entreprises, celle-ci est vraiment vertueuse quand tous les employés s’inscrivent dans la démarche. « C’est l’affaire de tous » a-t-il insisté. « Le développement durable est transverse !« , a renchéri Julie Avenel, Vice-présidente Global Business Consulting chez Amex GBT. Au sein des entreprises, il n’est pas toujours facile de faire collaborer différentes compétences, de rassembler un travel manager et des responsables de la RSE et des RH dans une même pièce, a toutefois rappelé Agathe Fabron, Vice-présidente Business Travel & Mice chez Accor.

Carole Poillerat, fondatrice et présidente de ComSense (en haut à droite), a été l’animatrice des tables rondes

Hélène Coulbault, Responsable Communication Corporate & RSE chez Nespresso France, a mentionné l’existence d’une cellule baptisée « Green Team » au sein de son entreprise, rassemblant une personne par département, avec comme objectif d’inscrire la démarche responsable dans l’ensemble de la chaine, du transport au catering en passant par le recyclage des matériels et la compensation des émissions résiduelles.

Antoine Delesalle, directeur des ventes Amex GBT, tout en insistant sur la cohérence des bonnes pratiques de l’entreprise, dans leur globalité et sur toute la chaine de production, a rappelé qu’il était important de communiquer sur celles-ci en interne mais aussi à l’extérieur. « Il est nécessaire d’informer le mieux possible nos clients sur ces questions de durabilité » avait d’ailleurs souligné Jason Geall, Vice-président senior et DG EMEA d’Amex GBT, en introduction de l’EVP.

La démarche n’est pas simple plus avec les « partenaires ». Selon Pierre Pelouzet, il faut non seulement « savoir se parler » mais aussi « partager les mêmes valeurs« . Agathe Fabron a poursuivi en rappelant que « nos clients se sont eux aussi engagés. Il faut avancer ensemble, partager l’expertise« .
« Pour travailler ensemble, il faut se connaitre, comprendre sa démarche RSE, son plan stratégique… » a poursuivi Stéphanie Boulay, la directrice des achats indirects, marketing, communication et approvisionnements du Groupe La Poste, lequel « choisit ses partenaires dans une démarche de co-construction et de co-responsabilité« .

Sébastien Guyot, SVP Global Sales & Commercial d’Air France, a indiqué que la volonté de réduction de l’impact carbone de la compagnie aérienne s’inscrivait également dans une démarche de co-construction avec ses différents partenaires. Parmi des démarches ambitieuses déjà mises en place entre entreprises et transporteurs, on pourra citer celles de Deloitte avec Delta et American visant à privilégier l’utilisation de carburant durable.

Pour Julie Avenel, il faut aussi apporter sa contribution et « aider les entreprises à être responsables« , d’autant que tous les pays ne sont pas aussi avancés en la matière, les Anglo-saxons notamment étant plus matures sur ces questions. Et le choix des fournisseurs peut se déterminer en fonction des normes appliquées dans tel ou tel pays. « Mais on arrive aujourd’hui à mieux récupérer les données techniques pour faire ce choix », s’est félicité Pascal Jungfer, Partner et CEO d’Areka Consulting, insistant sur l’importance du sourcing, qu’il soit aérien ou hôtelier.

Agnès Benveniste, directrice France & Benelux d’Amex Meetings & Events, a noté qu’il fallait observer l’avancée des entreprises sur l’ensemble d’une stratégie, et pas seulement sur des événements isolés et ponctuels. Sébastien Imbert, le directeur marketing de Microsoft France, a pour sa part rappelé qu’il fallait pouvoir aussi mesurer les émissions liées aux événements virtuels tout autant que ceux en présentiel, les outils numériques étant loin d’être neutres en matière de consommation de CO2…