Forum Vies Mobiles : un débat citoyen pour repenser la mobilité de demain

Le Forum Vies Mobiles présente sa dernière étude sur la mobilité des Français et l’impact que les déplacements ont sur leur vie ainsi que sur climat. Organisé sous forme de think tank citoyen, l’organisation a souhaité laisser la parole aux participants en écoutant leurs propositions sur les modes de vie et déplacements de demain. 

Dans un contexte de campagne présidentielle, le Forum Vies Mobiles a organisé un débat citoyen autour de la mobilité. Une étude participative à travers divers territoires dont l’Ile-de-France, l’Outre-Mer, des espaces dynamiques au niveau démographique et des territoires dits en « décroissance ». Le comité de pilotage de cette étude était constitué d’experts de la mobilité, de la participation citoyenne ou de sociologues, dont Loïc Blondiaux, universitaire expert de la démocratie participative et Jean-Marc Offner, chercheur et directeur de l’Agence d’urbanisme Bordeaux Aquitaine. L’idée du projet : débattre collectivement des modes de vie souhaités pour demander et formuler des propositions concrètes. Au total, ce sont 120 citoyens qui ont participé à cette étude, dont les résultats feront l’objet d’une campagne de communication massive pour mettre en lumière les problématiques liés aux déplacements lors de la prochaine Présidentielle. 

Selon Christophe Gay, directeur du Forum Vies Mobiles : « Le travail n’est plus l’unique motif de nos déplacements grâce ou à cause du télétravail notamment. Aujourd’hui la question est : quelle est la place de la mobilité dans nos vies ? 45% des actifs ont encore besoin de se déplacer pour les besoins de leur activité, au-delà du trajet quotidien domicile-travail ». L’étude se divise en trois axes principaux : 

  1. Pouvoir vivre en dehors des villes 

Les participants adhèrent à l’idée que les travailleurs puissent vivre en dehors des grandes villes et en banlieue. Il y a donc un réel besoin de développer des « pôles de vie » en dehors des métropoles, d’offrir des solutions de transport efficaces et complémentaires en dehors des centres-villes ou bien encore augmenter les liaisons transversales entre les banlieues et les adapter aux besoins des usagers. Cela se traduit par un investissement dans les transports collectifs, les pistes cyclables et favoriser les alternatives à la voiture pour des raisons écologiques : « Un rééquilibrage des territoires et des politiques en la matière est aujourd’hui nécessaire », déclare Sylvie Landrièvre, co-directrice du Forum Vies Mobiles. 

2. Apaiser les trajets liés au travail 

Stress, coûts, impact environnemental… Les citoyens souhaitent que l’on incite davantage les entreprises à améliorer les déplacements et les modes de travail des employés grâce à un avantage fiscal ou bien le développement du télétravail. Les participants prônent également le développement d’un système d’écomobilité partagée au niveau national : « L’idée serait d’instaurer un système de mobilité ou de véhicules partagés mis en place par les collectivités locales ». Autour des grandes agglomérations, développer l’articulation de transport en commun et du vélo en amont et en aval devient essentiel avec la mise à disposition de parkings « relais » ou la possibilité de pouvoir monter son vélo à bord d’un train. Hors des villes, la création de plateformes d’échanges entre les voitures et autres moyens de transport permettrait de diminuer l’usage du véhicule individuel. Enfin, en Ile-de-France, les citoyens proposent de renforcer la sécurité et d’améliorer le confort dans les transports en commun franciliens afin d’inciter davantage de personnes à les utiliser. 

3. Donner plus de pouvoir aux citoyens 

Les entreprises doivent désormais tenir compte des contraintes des salariés (famille, trajet, fatigue…) dans l’organisation du travail ou bien encore instaurer un revenu parental. Pour certaines professions, les besoins en transport vont au-delà d’une semaine de travail « classique », du lundi au vendredi, avec des horaires dits « de bureau ». Les citoyens proposent donc des transports en commun fonctionnant 24h/24 en Île-de-France, comme c’est déjà le cas dans certaines mégalopoles. En parallèle, améliorer l’accessibilité des transports franciliens permettrait aux personnes ayant des difficultés cognitives ou physiques de pouvoir gagner en autonomie. Enfin, les participants appellent à développer la participation citoyenne sur les enjeux liés à la vie active, l’aménagement du territoire et la mobilité.