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La clientèle business, axe stratégique majeur pour Transavia

Avec la reprise des lignes domestiques d'Air France à Orly et le lancement du tarif Max renforcé, la compagnie low-cost du groupe Air France-KLM prend un tournant stratégique.

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David Keller

David Keller

10 mars 20267 min de lecture

La clientèle business, axe stratégique majeur pour Transavia
La clientèle business, axe stratégique majeur pour Transavia© AdobeStock

"À Orly, on va représenter à partir du 29 mars à peu près 50% du trafic", annonce Olivier Mazzucchelli, PDG de Transavia France, lors d’un rendez-vous avec la presse ce 10 mars. Cette position dominante sur l'aéroport parisien, connecté depuis les JO à la ligne 14 du métro, et, surtout, reprenant les slots domestiques d’Air France offre un atout majeur pour conquérir une clientèle business. "C'est plus efficace pour venir à Paris d'atterrir à Orly qu'à Roissy", souligne-t-il.

La stratégie du groupe est claire : Air France se recentre sur son hub de Roissy tandis que Transavia récupère les slots libérés à Orly. "Avec cette base et cette taille à Orly, plus notre exploitation en province, Transavia a de plus en plus une position importante en France", explique le dirigeant.

Huit vols quotidiens vers Nice et Toulouse

"Sur Nice et Toulouse, on va avoir huit vols par jour, qui fait de ces deux destinations nos premières destinations du réseau en termes de fréquence", détaille Julien Mallard, directeur commercial.

Cette cadence élevée n'est pas anodine. "Quand on propose jusqu'à huit vols par jour, on propose la possibilité aux gens de faire des allers-retours journée avec une amplitude horaire sur Paris de l'ordre de douze à treize heures", poursuit-il. Concrètement : "Vous arrivez avant huit heures et demie, la ligne quatorze, vous pouvez être à votre réunion avant neuf heures et demie."

Transavia va même jusqu'à stationner des avions à Toulouse et Nice pour alimenter les vols matinaux. "Toute cette offre a été vue, co-construite avec à la fois les aéroports, mais aussi les plus grands acteurs économiques autour de ces régions", précise Julien Mallard.

Le tarif Max : une offre taillée pour le corpo

Pour séduire les voyageurs professionnels, Transavia a étoffé son tarif Max avec des attributs spécifiques aux vols domestiques :

Flexibilité renforcée : "Avec huit vols par jour, vous avez la possibilité, jusqu'à une heure du départ, à déplacer votre vol dans la même journée plus tôt ou plus tard, gratuitement quand vous avez le tarif Max", explique Julien Mallard. "Si vous avez fini votre journée plus tôt, Transavia vous permet de rentrer chez vous plus tôt."

Parcours prioritaire : "Ce qui peut parfois être vécu comme un pain point pour les clients, c'est la partie aéroport", reconnaît le directeur commercial.. Alors le fast track à Orly pour passer les contrôles de sécurité rapidement, embarquement et enregistrement prioritaires est proposé dans une amplitude plus ou moins large selon les statuts 

Accès salons : À partir de mai 2026, les clients Max pourront accéder au nouveau salon Transavia à Orly 2 (à proximité des portes d'embarquement 2C), ainsi qu'aux salons des aéroports partenaires en région : Nice, Toulouse, Marseille et Montpellier.

Confort à bord : Le tarif Max inclut 30 kg de bagage en soute, 1 bagage cabine (55 × 40 × 25 cm) + 1 bagage à main gratuits, le choix du siège avec accès aux premières rangées et issues de secours, et un comptoir dépose bagage dédié.

Transavia entend rester fidèle à son positionnement low-cost. "Sur les anciennes routes navettes à Toulouse ou à Nice, le prix basique le plus bas va être aux alentours de 40 € et le prix Max aux alentours de140, 150 €", précise Julien Mallard. À titre de comparaison, "easyJet ne vend pas de tarif à 40 €. Ils commencent à 70 € et montent à 200 € leur tarif équivalent au Max."

Flying Blue, l'atout fidélité

"Le dernier point qui tenait à cœur à nos clients, c'est comment mieux reconnaître nos passagers les plus fréquents", souligne Julien Mallard. Transavia renforce l'intégration du programme Flying Blue pour ses membres Platinum et Ultimate.

Ces derniers bénéficient désormais, quel que soit le tarif acheté sur les vols domestiques, du parcours prioritaire et de l'accès salon. "Ça, c'est vraiment une distinction par rapport à la compétition", insiste le dirigeant. "C'est véritablement une empreinte d'abonnement qu'on veut encore plus développer et qui est une distinction par rapport à easyJet, par exemple."

Tous les passagers Transavia cumulent des Miles Flying Blue (2 XP par vol domestique, 5 XP par vol international, 8 XP sur les vols les plus longs) et peuvent les utiliser pour réserver ou profiter d'avantages. Les membres du programme Bluebiz gagnent également des blue credits pour chaque voyage effectué sur Transavia.

Une sous-flotte dédiée pour garantir la ponctualité

Pour répondre aux exigences de régularité des voyageurs d'affaires, Transavia innove. "On a même poussé la réflexion jusqu'à isoler une sous-flotte", révèle Julien Mallard.

Onze avions seront affectés exclusivement aux sept destinations domestiques (Paris-Nice, Toulouse, Marseille, Biarritz, Montpellier, Perpignan, Toulon) et aux destinations Schengen business proches (Porto, Lisbonne, Madrid, Barcelone, Milan, Rome). "Pour l'imager, vous n'aurez pas un avion qui revient d'Algérie, qui est soumis mécaniquement à plus d'aléas, pour mieux maîtriser notre ponctualité", explique-t-il.

Cette organisation permet également de maximiser le taux de contact à Orly : "L'avion va arriver au contact et repartir au contact", sans bus d'embarquement.

Contractualisation avec les entreprises

Transavia industrialise ses relations avec les grandes entreprises. "On travaille avec Air France pour contractualiser directement avec les entreprises, pour que l'offre Transavia fasse partie de l'offre Corporate à leur disposition", confirme Julien Mallard.

La compagnie a investi massivement dans les systèmes de réservation : "Notre capacité à être visible dans leur propre système de réservation, que nos tarifs, tous nos tarifs et tous nos avantages remontent bien dans leur système. On a mis un énorme effort sur les derniers mois pour qu'ils puissent avoir des tarifs corporates sur toute l'année."

Cette visibilité dans les systèmes de réservation corporate est aussi affaire de distribution. C’est pourquoi Transavia entend multiplierles contacts avec les TMC aussi.

“Schengen business”

Au-delà du domestique, Transavia renforce ses destinations business européennes. "On fait évoluer notre produit pour adresser des destinations qui sont des destinations business européennes pour venir à Paris", explique Julien Mallard.

"Aujourd'hui, on va avoir entre cinq et sept vols par jour sur des destinations comme Lisbonne ou Porto, entre trois et quatre sur Madrid, Rome, Berlin", détaille-t-il. "La capacité de proposer un produit en termes de qualité horaire qui devient de plus en plus qualitatif attire de nouvelles types de clientèles, voyageurs fréquents et même voyageurs affaires."

Aujourd'hui, "on a entre 2 et 10% de nos clients qui prennent des tarifs Max selon les lignes", reconnaît Julien Mallard. "Plus on est sur des routes courtes et domestiques, plus on a de tarifs Max." Mais le dirigeant reste prudent sur cette catégorisation : "Il y a des hommes ou femmes d'affaires qui peuvent prendre des tarifs basiques, et inversement, des purs loisirs qui peuvent prendre du Max."

Le défi du marché domestique

Olivier Mazzucchelli ne cache pas l'ampleur du défi. "Le marché domestique en France, au global, en termes de volume, il est au même niveau que 1983. Pourquoi ? TGV, niveau de taxes en France. Un domestique en France, c'est en moyenne 35 € de taxes par passager. En Italie, c'est 8 €."

Face au TGV qui propose "des rames de neuf cents passagers qui partent toutes les demi-heures ou toutes les heures", la concurrence est rude. "Vous ne pouvez pas rentrer en vraie compétition par rapport à ça. Vous devez vous adapter", reconnaît-il.

Majorité

Au-delà de l'offre commerciale, c'est toute l'entreprise qui se transforme. "On devient gros, mais on veut conserver cet esprit de startup tout en s'industrialisant", explique Olivier Mazzucchelli. 

Cette quadrature du cercle inclut la performance opérationnelle (illustrée par la sous-flotte dédiée citée plus haut). "On a fait un bond très sensible dans la ponctualité. Quand on est un client, on veut partir à l'heure et arriver à l'heure", martèle le PDG, en ayant bien en tête que cette règle d’or s’applique d’autant plus à la clientèle professionnelle.

"Nous sommes une compagnie qui a eu 18 ans en 2025. On est tout juste majeur, en sortie d'adolescence.", ajoute-t-il. Avec 96 avions cet été (dont 27 A320neo) et 17,5 millions de passagers attendus, l’entrée dans l’âge adulte de Transavia passera par le corporate.

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