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L'accord aérien UE-Qatar au cœur d'un débat controversé

Un communiqué de l’ACI Europe relaie l’inquiétude des aéroports européens quant aux risques d'une suspension de l'accord en l’UE et le Qatar.

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David Keller

David Keller

10 février 20263 min de lecture

L'accord aérien UE-Qatar au cœur d'un débat controversé
L'accord aérien UE-Qatar au cœur d'un débat controversé© AdobeStock

Les aéroports européens expriment de vives inquiétudes face aux récentes demandes de suspension de l'accord aérien global entre l'Union européenne et le Qatar. Cette position, défendue par ACI Europe (Airports Council International Europe), met en lumière les enjeux stratégiques et économiques liés à cet accord négocié par la Commission européenne à la demande des États membres de l'UE. 

L'organisation souligne que toute remise en cause de cet accord nuirait à la connectivité aérienne, au choix des consommateurs et à la crédibilité internationale de l'Union européenne. L'accord actuel s'inscrit dans la politique d'aviation extérieure de l'UE, fondée sur un accès au marché ouvert et non restreint, des consultations régulières entre les parties et une convergence réglementaire.

Un accord bénéfique pour les aéroports européens

Selon l’ACI, l'accord aérien entre l'UE et le Qatar a permis aux aéroports européens de diversifier leur connectivité, générant des avantages concrets pour les communautés locales, les consommateurs et les entreprises à travers le continent. Contrairement aux craintes exprimées par certains acteurs du secteur, ACI Europe affirme qu'il n'existe aucune preuve tangible que cet accord ait permis à Qatar Airways d'acquérir une position dominante ou déloyale sur le marché au détriment des compagnies aériennes européennes. 

Les données récentes confirment d'ailleurs que la compagnie qatarienne n'a pas connu d'expansion significative sur le marché européen ces dernières années. Les chiffres démontrent que la capacité en sièges déployée par Qatar Airways en Europe durant la saison hivernale IATA actuelle (octobre 2025 - mars 2026) reste inférieure de 10% à son niveau d'avant la pandémie de 2019. Cette stagnation relative contredit les arguments selon lesquels la compagnie aurait profité de l'accord pour s'imposer massivement sur le territoire européen.

Un retard compétitif imputable aux politiques européennes

Olivier Jankovec, directeur général d'ACI Europe souligne que la suspension d'un accord aérien existant serait préjudiciable pour les aéroports européens ainsi que pour les communautés et consommateurs qu'ils desservent. "Les débats sur la stratégie et la position des compagnies aériennes du Moyen-Orient se poursuivent depuis des années et tendent à être plutôt stériles", a-t-il déclaré. Le responsable met en cause la responsabilité de l'Union européenne dans l'écart compétitif croissant entre les compagnies européennes et leurs concurrentes d'autres régions du monde. 

Selon lui, cette situation résulte principalement de politiques et réglementations inadéquates et dommageables adoptées par l'UE. Parmi les facteurs cités figurent la fiscalité, le soutien insuffisant à la décarbonation, l'échec de la mise en œuvre du Ciel unique européen et les limitations de capacité aéroportuaire. Ces lacunes renforcent l'appel d'ACI EUROPE en faveur d'une stratégie européenne de l'aviation qui repositionnerait le secteur au cœur de l'agenda de compétitivité de l'UE.

Un risque pour la crédibilité internationale de l'UE

Olivier Jankovec a également mis en garde contre les conséquences géopolitiques d'un éventuel retrait de l'accord. "Revenir sur un accord aérien global existant nuirait également à la position internationale de l'UE", a-t-il averti. Une telle décision risquerait de ramener l'Europe au cadre restrictif et anticoncurrentiel des années 1950 en matière d'aviation, en contradiction directe avec l'agenda européen pour la compétitivité et le positionnement mondial. 

Cette régression potentielle soulève des questions sur la cohérence de la politique extérieure de l'UE et sa capacité à maintenir des partenariats internationaux durables. Le débat actuel illustre les tensions persistantes entre la protection des intérêts économiques des compagnies aériennes européennes et les principes de libre-échange et d'ouverture des marchés que l'Union européenne défend traditionnellement sur la scène internationale.

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