Le gouvernement, bim ! IATA, bam ! Les syndicats, boum !… JP Mas joue au bowling

199
Jean-Pierre Mas devient Médiateur du Tourisme et du Voyage
Jean-Pierre, lors du dernier Congrès des Entreprise du Voyage, en 2023.

Lors de l'ouverture du dernier Congrès des Entreprises du Voyage (EdV) qu'il présidera, Jean-Pierre Mas a, sur scène et pendant une dizaine de minutes, usé de son indéniable stiking force.

Ce vendredi 2 juin, ce n’était que l’ouverture du Congrès 2023 des Entreprises du Voyage, certes le dernier sous la présidence de Jean-Pierre Mas. Mais le raout se concluant ce lundi 5 juin, on ne pouvait pas encore parler de bouquet final. Ce qui n’a pas empêché le futur ex d’envoyer quelques fusées.

Quand on manque de courage, on prend un bâton”, attaque-t-il. Le manque de courage et l’autoritaritarisme qu’il fustige, c’est celui du gouvernement à propos de l’interdiction des vols quand une alternative ferroviaire de 2h30 existe, qui vient d’être officialisé après le feu vert de la Commission européenne.

> Lire aussi : L’interdiction des vols courts entre en vigueur

"Ce sont les voyageurs qui ont choisi eux-mêmes avant toute réglementation de ne plus faire en avion Lille-Paris, Strasbourg-Paris, Lyon-Paris, Rennes-Paris etc”, ajoute Jean-Pierre Mas. Il s’agit donc d’une mesure inutile, démagogique et, pire, qui empêche de s’occuper des vrais dossiers concernant l’empreinte carbone, notamment, estime-t-il, le développement du ferroutage. S’il concernait 50% des transports de marchandise actuellement assurés par la seule route, il permettrait de diminuer de 4 points l’empreinte carbone de la France, soit l’équivalent de la suppression de toute activité aérienne dans les frontières de l’Hexagone, informe-t-il, en substance, son auditoire. On voit là un vrai dépassement de fonction et de compétences de la part du président des EdV, à la conscience et l'intelligence universelles de s'en emparer, c'est gratuit.

A propos de la taxation de l’aérien pour financer le développement du ferroviaire, récemment évoquée par le ministre des Transports Clément Beaune à l’occasion du congrès de la FNAM (Fédération nationale de l’Aviation et de ses métiers), Jean-Pierre Mas use une fois encore d’une maxime homemade assassine : “La taxation quand on n’a pas d’imagination”. Selon lui, cette mesure contreviendrait au principe de comptabilité nationale de non affectation de l’impôt. Mais elle serait aussi absurde et inefficace. La formule de départ était bien trouvée, l'argument "réglementaire" qu'elle soutendait est moins convaincant, DP y reviendra prochainement.

IATA sera la prochaine cible. Le président soupçonne - à raison -  l’Association du transport aérien international de vouloir réduire la fréquence des règlements des agences aux compagnies : le fameux BSP. De 15 jours actuellement, l’IATA appellerait de ses vœux presque secrets un règlement hebdomadaire. Jean-Pierre Mas estime qu’une telle réduction ferait supporter un trop grand risque financier aux agences en cas de "dépôt de bilan des compagnies". Ou alors il faudrait que soit instaurées des garanties financières de la part des compagnies, auquel cas, le règlement pourrait même se faire “tous les jours”, ironise-t-il. Autre solution : que le règlement du BSP soit “mis sous séquestre” et délivré à la compagnie une fois le vol effectué. Applaudissements nourris.

Les syndicats des opérateurs du voyage allaient, à leur tour, avoir les oreilles qui sifflent.. A propos des négociations sur les revalorisations salariales, Jean-Pierre Mas accuse ceux-ci de considérer “2024 comme si on était au XXe siècle; ils ne sentent pas que les choses évoluent.” Les EdV, au contraire, défendraient “une position dynamique, volontariste et moderne”. “Nous avons proposé en juillet 2022, explique le patron des patrons, une revalorisation du salaire de base entre 6 et 10% en fonction des groupes et une modélisation de la prime d'ancienneté, et non, comme l’a prétendu dans la presse, un délégué Force ouvrière de sa suppression”. Au final, en refusant cette proposition d’accord, les syndicats auraient “appauvri les salariés” et contribué au manque d’attractivité dont souffre le secteur. Pour le reste, les EdV travaillent à “un projet d’accord sur la participation” et “sensibles à la qualité la vie au travail, à un cadre au télétravail”, “à une flexibilité des horaires de travail” pour satisfaire les clients ainsi qu’à la formation continue.

Cela dit, Jean-Pierre Mas a quitté la piste, s’en est allé changer ses petits souliers pour pas rayer le parquet. Entretemps, le strike avait été dûment validé.