Le travail hybride pour un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ?

305

International SOS dévoilait lundi 12 décembre sa dernière étude questionnant la responsabilité des entreprises face au travail hybride et le bien-être des collaborateurs. Philippe Guibert, directeur Médical – Consulting & Solutions EMEA chez International SOS et Joana Nader, Consultante en santé, sont revenus sur les résultats et leurs enseignements. 

Menée durant la pandémie par la fondation International SOS et Affinity, cette étude avait pour objectif de faire le lien entre le travail hybride et le bien-être des collaborateurs. Quel est l’impact sur la santé mentale des collaborateurs ? Quelles sont les ressources utiles à leur bien-être ? Ou bien encore, de quels éléments les organisations doivent-elles tenir compte dans l’élaboration et la mise en œuvre de leurs programmes de bien-être ? Selon Philippe Guibert, le premier constat est que, dans l’ensemble, les résultats sont assez équilibrés entre ceux travaillant en hybride et ceux en 100% présentiel. « En revanche, on observe de grandes disparités entre les différents continents et pays. En Afrique, par exemple, le travail hybride est bien moins développé qu’en Europe ou aux Etats-Unis », déclare le directeur médical d’International SOS. 

Un impact positif sur la vie professionnelle et personnelle

Selon les travailleurs sondés, l’autonomie et la flexibilité qu’offre le travail hybride sont les deux principaux avantages. 62% des cadres déclarent que le travail hybride à eu un impact positif sur leur vie professionnelle et personnelle en leur permettant de réduire le stress ou l’épuisement. Un mode de travail important pour le bien-être des employés, qui, en France, est plébiscité. 43% des salariés attendent désormais de leur entreprise qu’elle adopte durablement les nouveaux modes de travail, dont le télétravail et le mode hybride. 

Encadrer le travail à distance et former les managers

Mais si cela a un impact globalement positif sur le bien-être des employés, un mauvais management et de mauvaises conditions de travail peuvent mener à l’inverse. Sont notamment pointés du doigt, la surcharge numérique, la méfiance des managers ou bien encore des horaires non définis. « Les dirigeants doivent cesser de se soucier si le collaborateur travaille réellement. Pour cela, il faut redéfinir le rôle du manager, le former et instaurer des horaires de travail, même à distance. Il ne faut également pas sous-estimer le manque de lien social. Il est essentiel de prévoir des contacts réguliers en présentiel ou des échanges », commente Joana Nader. A titre d’exemple, les personnes associant télétravail et présentiel, notamment en 50/50, sont plus susceptibles de recevoir un soutien psychosocial important, de parler de bien-être et de concilier leur rôle au sein de l’entreprise et leur bien-être. Le critère « bien-être » est par ailleurs tout aussi important que la rémunération pour la majorité des salariés. 

Selon Philippe Guibert, le travail hybride a de nombreuses conséquences positives sur le collaborateur si ce dernier et son entreprise y sont prédisposés. A contrario, si aucun support, soutien ou organisation n’est mis à disposition, cela peut avoir un impact négatif. « Une approche complémentaire et équilibrée sur la question du travail hybride semble porter ses fruits. Il faut pouvoir puiser le soutien auprès de son équipe et de son manager pour que cela soit vertueux et ce n’est pas inné, souvent une formation est nécessaire », conclut-il.