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L'UE lance son plan “carburants verts”

Selon Transport & Environment, le plan d'investissement pour les transports durables (STIP) pose les premiers jalons pour développer la production d'e-carburants, mais l'urgence d'agir se fait pressante.

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David Keller

David Keller

5 novembre 20253 min de lecture

L'UE lance son plan “carburants verts”
L'UE lance son plan “carburants verts”© AdobeStock/Naknakhone

Dans un communiqué publié le 4 novembre, l'ONG européenne Transport & Environment (T&E) a réagi à la publication du plan d'investissement pour les transports durables (STIP) de l'Union européenne. L'organisation salue des mesures prometteuses pour stimuler la production d'e-carburants destinés aux avions et aux navires, tout en appelant à une mise en œuvre rapide pour préserver le leadership industriel européen sur ces technologies d'avenir.

Des enchères réservées aux seuls e-carburants

L'engagement de mettre en place un système d'enchères bilatérales à l'échelle européenne pour les carburants de l'aviation et du maritime – inspiré d'un projet pilote sur l'e-SAF – constitue une avancée majeure selon T&E. Ce mécanisme apportera un financement concret pour lancer la production, actuellement freinée par des coûts élevés et l'absence d'accords d'achat à long terme.

À court terme, le STIP propose de s'appuyer sur des outils existants comme la Banque de l'hydrogène et le Fonds pour l'innovation, qui commencent à soutenir des projets d'e-carburants. Mais ces instruments se sont jusqu'ici révélés insuffisants pour sécuriser une production à échelle industrielle, estime l'organisation. "Les mesures les plus impactantes du plan risquent d'arriver trop tard, alors que des actions sont nécessaires dès 2026", alerte T&E.

"Le plan reconnaît clairement le rôle important des e-carburants dans la décarbonation de l'aviation et du maritime. Pour la première fois, l'UE va développer un instrument financier efficace pour lancer la production", explique Antony Froggatt, directeur senior pour l'aviation, le maritime et l'énergie chez T&E. "L'UE doit maintenant concrétiser ces engagements si elle veut préserver le leadership technologique de l'Europe sur les e-carburants. Laisser la porte ouverte aux biocarburants ne fera que détourner l'attention de cet objectif."

Une position ambiguë sur les biocarburants

Principal point d'inquiétude pour T&E : le plan laisse la possibilité d'inclure les biocarburants dans le système d'enchères. Or, cette industrie plus mature pourrait accaparer les ressources limitées de l'intermédiaire de marché que la Commission européenne s'apprête à créer. "Il est crucial que seuls les e-carburants soient éligibles aux enchères, car il n'existe aucune barrière de marché pour la production de biocarburants", insiste l'ONG.

L'organisation déplore également l'absence de soutien aux navires à batteries et au potentiel des batteries dans l'aviation. Le STIP promeut par ailleurs l'usage continu du biométhane dans le transport maritime, alors que ces stocks limités devraient être réservés en priorité aux secteurs dépendant actuellement du gaz fossile, comme le chauffage domestique ou l'industrie lourde, selon T&E. L'ONG souligne notamment que les navires n'achètent actuellement que des certificats verts pour le biométhane, tandis que le carburant est réellement brûlé dans les chaudières domestiques et d'autres secteurs.

Le potentiel inexploité des revenus carbone

Le plan se contente "d'encourager" les États membres à utiliser les revenus existants du marché carbone (ETS) pour décarboner le maritime et l'aviation. T&E estime que la révision de l'ETS en 2026 devrait imposer l'utilisation de ces revenus pour investir dans les e-carburants.

Le STIP ne reconnaît pas non plus le potentiel inexploité d'une extension du marché carbone, déplore l'organisation. Selon ses estimations, plus de 7 milliards d'euros auraient pu être levés l'année dernière en étendant l'ETS à tous les vols long-courriers. L'inclusion des petits navires pourrait générer environ 2,4 milliards d'euros supplémentaires par an entre 2028 et 2035.

Enfin, T&E regrette que le plan n'ait pas recommandé de mandats d'approvisionnement en e-carburants marins au niveau européen dans les ports, que la plupart des pays de l'UE n'ont pas mis en œuvre malgré les directives claires de la directive sur les énergies renouvelables. L'organisation considère également comme une occasion manquée l'absence de mobilisation de la Banque européenne d'investissement pour financer la production d'e-carburants.

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