Lors de la Masterclass GBTA France, David Keller, rédacteur en chef de Déplacementspros a animé le débat sur NDC, entre Katharina Navarro (Capgemini) et Sébastien Guyot (Air France KLM), révélant la fracture persistante entre la promesse du NDC et sa réalité sur le terrain.
Interrogés en salle, les acheteurs sont sans concession : plus de 80 % pratiquent déjà les bookings NDC, mais 80 % ne voient pas encore les bénéfices concrets. Preuve que son adoption augmente mais que la désillusion domine. Pour Katharina Navarro, Global Category Manager chez Capgemini, le constat est sans appel : « NDC était censé être un standard de distribution, or aujourd’hui il n'en est rien puisque chaque compagnie, chaque destination, fonctionne différemment. » Pour l'acheteuse, NDC complexifie la tâche pour les acheteurs, confrontés à des « trous dans la raquette » qu’il devient impossible d’anticiper ou de corriger et un sentiment d’opacité : « On ne sait même plus d’où viennent certains problèmes", déclare-t-elle.
Elle ajoute que la promesse d’un meilleur pricing n’est pas tenue : « On nous a vendu la possibilité de tarifs plus avantageux, mais dans la pratique, ce n’est pas forcément moins cher. J’en arrive à ne plus voir l’intérêt, ni pour les compagnies, ni pour les acheteurs qui ne gagnent rien au change. »
NDC, une transformation en marche
Du côté d’Air France-KLM, Sébastien Guyot, SVP Global Sales chez Air France, reconnaît que la route est longue : « NDC, c’est un long chemin. Aujourd’hui, un billet sur deux chez nous est émis via NDC, certaines TMC atteignent même 50 %. Si c’était si compliqué, personne n’en voudrait, mais il y a une vraie volonté de simplification ». Il insiste sur l’objectif d’harmonisation : « L’idéal serait d’avoir une API unique, mais chaque compagnie avance à son rythme. On travaille à compenser ce manque d’homogénéité pour simplifier les usages ». Sébastien Guyot défend également la richesse de l’offre : « NDC permet une personnalisation accrue, avec plus d’options et de nouveaux produits, comme le SAF ou l’accès salon, impossibles à intégrer dans l’ancien système EDIFACT. On veut réduire le leakage et offrir un contenu plus fourni. »
Les enjeux de demain : personnalisation, simplification… et train
Le débat ne se limite pas à l’aérien. Sébastien Guyot a lancé un appel à proposer une offre ferroviaire à l’échelle européenne, pour répondre à la demande croissante des entreprises en matière de mobilité durable : « Il faut que nous ayons les outils pour travailler ensemble, avec du contenu ferroviaire à l’échelle européenne si on veut vraiment avancer sur la décarbonation. » Pour conclure, si la promesse d’un contenu enrichi et personnalisé séduit, la complexité technique, l’absence de standardisation et la difficulté à percevoir des gains concrets alimentent la désillusion.