Dans le transport aérien, le NDC a profondément remodelé la distribution des contenus tarifaires. Le ferroviaire européen s’apprête à vivre une transformation similaire avec l’OSDM (Open Sales and Distribution Model). Objectif : mettre fin au morcellement actuel, où réserver un trajet international implique encore plusieurs plateformes, des billets séparés par opérateur et des conditions après-vente qui ne se parlent pas.
Un standard commun pour un continent morcelé
Porté par la Communauté des entreprises ferroviaires européennes (CER) et l’Union internationale des chemins de fer (UIC), l’OSDM est une initiative B2B dont l’objectif est de standardiser la distribution ferroviaire à l’échelle européenne. Comme le NDC a imposé un langage commun aux compagnies aériennes et aux distributeurs, l’OSDM veut faire de même pour le rail : permettre à une entreprise de réserver un trajet impliquant plusieurs opérateurs sur un seul billet, avec des conditions tarifaires et après-vente unifiées.
Lancé officiellement fin 2024, le standard entre en phase d’accélération en 2025. La Suède l’a adopté en premier pour ses trajets nationaux et internationaux, la SNCF travaille activement à sa mise en oeuvre, et le cadre réglementaire européen le reconnaît désormais comme référence pour la distribution ferroviaire. Des acteurs comme Benerail, qui distribuent déjà du contenu multiopérateur (Thalys, Eurostar, DB), incarnent cette logique de guichet unique que l’OSDM a vocation à généraliser.
Ce que cela change concrètement pour votre entreprise
Pour les travel managers et acheteurs, les bénéfices attendus sont réels :
- Simplification de la politique voyage : fini les doubles réservations et les services client cloisonnés par opérateur.
- Meilleure lisibilité tarifaire : un billet unique consolide les dépenses ferroviaires dans vos outils de reporting, sans recomposition manuelle.
- Protection renforcée en cas de perturbation : le billet unique constitue un contrat de bout en bout. En cas de correspondance manquée, votre collaborateur n’est plus renvoyé d’un opérateur à l’autre.
- Intermodalité élargie : l’OSDM intègre une vision du premier et du dernier kilomètre, ouvrant la voie à des réservations multimodales unifiées.
Des limites à ne pas sous-estimer
Le déploiement reste progressif. Tous les opérateurs européens ne sont pas encore intégrés, et les impacts dépassent largement la seule interface de réservation. C’est toute la chaîne de traitement qui devra s’adapter : de la commande à la facture, jusqu’aux statistiques et outils de reporting. Les OBT corporate comme les systèmes backoffice des agences devront intégrer ces nouveaux flux pour que le billet unique soit aussi un billet bien géré.
C’est là que le rôle de la TMC prend tout son sens. Suivre les calendriers de déploiement opérateur par opérateur, vérifier la compatibilité des outils avec les nouveaux flux OSDM, adapter la politique voyage en conséquence : ce sont des chantiers concrets que les entreprises n’ont pas à mener seules. Chez Plus Voyages Corporate, nous intégrons ces évolutions dans notre suivi de marché pour que nos clients n’aient pas à les découvrir par eux-mêmes.