Le ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, a exprimé des réserves concernant la prolongation à long terme de la hausse de la TBSA (taxe de solidarité sur les billets d’avion), entrée en vigueur le 1er mars. Anciennement opposant à cette réforme, il a précisé vendredi qu’il n’était pas favorable à la pérennisation de cette taxe dans les années à venir.
Le budget 2025 a introduit une hausse notable de cette taxe, la faisant passer de 2,63€ à 7,40€ pour les vols intérieurs ou vers l’Europe, et à 15 euros pour les vols vers des destinations extra-européennes. En outre, les classes avant et l'aviation d'affaires sont davantage sollicitées par cette hausse, ce qui a soulevé des inquiétudes au sein de l’industrie aérienne. L’objectif du gouvernement, avec cette mesure, est de récolter plus de 800M€ supplémentaires.
Trop stratégique pour être taxé
Philippe Tabarot a précisé que cette augmentation ne devrait pas nécessairement se maintenir à long terme. "Le gouvernement ne revient pas dessus, puisque la hausse est déjà applicable", a-t-il commenté sur Sud Radio. Toutefois, il a souligné son désaccord personnel vis-à-vis de cette mesure, précisant que les recettes générées par cette taxe ne sont pas réinjectées dans le secteur du transport aérien, ni utilisées pour décarboner l’industrie.
"Je suis réservé sur cette taxe", a ajouté le ministre, rappelant que le budget 2025 comportait déjà 30 milliards d’euros d’économies, un effort considérable pour les finances publiques. Tabarot a aussi mis en garde contre l’impact de cette taxation sur le secteur aérien, stratégique pour la France, et qui joue un rôle clé dans l’économie nationale.
Une opposition ancienne
Il a rappelé, à ce titre, que l’aéronautique, à travers des géants comme Airbus, est l’un des moteurs de l’économie française, exportant plus qu’elle n’importe et contribuant largement à la création d'emplois. "On ne doit pas taxer certains secteurs qui rayonnent au niveau mondial", a averti Tabarot, soulignant l’importance de maintenir un environnement fiscal compétitif pour cette industrie.
Avant son entrée au gouvernement en janvier, Philippe Tabarot, alors sénateur, s’était fermement opposé à l'augmentation de la fiscalité sur l’aérien, soulignant la lourde charge qu’elle représenterait pour les usagers. Sur LinkedIn, il avait évoqué une "double peine" pour les voyageurs, en faisant référence à cette hausse des taxes couplée avec celles appliquées aux aéroports.