Alors que la paralysie budgétaire du gouvernement fédéral américain entre dans sa deuxième semaine, les conséquences économiques et opérationnelles se font durement sentir sur le secteur du voyage. Selon une estimation de la U.S. Travel Association, l'impact financier pour l'industrie a déjà franchi la barre symbolique du milliard de dollars.
Selon l’U.S. Travel Association, le manque à gagner cumulé pour l’économie du voyage a dépassé le seuil du milliard de dollars sur la première semaine. Une estimation fondée sur des projections issues de l’épisode 2018-2019 et actualisées selon la fréquentation actuelle. Geoff Freeman, président de l'U.S. Travel Association, a souligné que cette paralysie cause des "dommages réels et irréversibles", rappelant que lorsque les services de voyage sont perturbés, les effets se propagent à l'ensemble de l'économie américaine.
Plus de 6.100 retards de vols en une journée
L'effet le plus visible de ces perturbations se trouve dans les aéroports du pays. Les données du service de suivi FlightAware témoignent d'une augmentation significative des retards de vols depuis le début du shutdown le 1er octobre. La situation a atteint un pic en début de semaine avec plus de 6.100 vols retardés, suivi par 3.600 mardi et près de 2.900 mercredi. Cette cascade de retards est la conséquence directe du statut des employés fédéraux jugés "essentiels", notamment les contrôleurs aériens de la FAA et les agents de sécurité de la TSA.
Bien que contraints de travailler, les contrôleurs ne perçoivent pas leur salaire. Par conséquent, une part du personnel concerné ne s'est pas présenté à son poste sur un ou plusieurs jours. Les contrôles de sûreté ne sont pas épargnés. Les agents de la Transportation Security Administration (TSA), également non rémunérés durant le shutdown, assurent néanmoins la continuité de service, non sans mal. Dans plusieurs aéroports, des files d'attente plus longues qu’à l’ordinaire ont été observées aux heures de pointe et les travel managers ont, dans ce contexte, réactivé des consignes de prudence déjà éprouvées lors des précédentes fermetures : arrivée anticipée à l’aéroport, suivi en temps réel des files TSA, et priorisation de créneaux moins congestionnés lorsque la flexibilité le permet.
Vers un shutdown plus impactant que le dernier ?
Durant l'hiver 2018-2019, la situation avait duré 35 jours et une hausse des arrêts maladie avait entraîné des ralentissements importants dans les grands aéroports, forçant une réduction du trafic pour garantir la sécurité. Les compagnies aériennes et les professionnels du secteur craignent une répétition de ce scénario si aucune solution politique n'est rapidement trouvée.
Au-delà des perturbations aériennes, d'autres services cruciaux pour les voyageurs internationaux sont affectés. Bien que les services consulaires pour les visas et les demandes d'ESTA, financés par leurs propres frais, soient pour l'instant maintenus, des ralentissements ne sont pas à exclure. Concrètement, les nouvelles inscriptions aux programmes de passage accéléré aux frontières, comme le Global Entry, sont suspendues jusqu'à nouvel ordre. Le rail, historiquement impacté lors des précédents shutdowns, est suivi de près, même si l’ampleur des perturbations varie selon les axes et les opérateurs.