Talan fait travailler des chercheurs sur la mobilité en entreprise

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Talan fait travailler des chercheurs sur la mobilité en entreprise

Talan accueille des post-doctorants sur des projets innovants et utiles à l’entreprise, notamment sur la mobilité. Laurent Cervoni, directeur de la recherche et de l’innovation du cabinet, nous en parle.

Talan s’est doté d’un outil original pour proposer à ses clients de nouvelles solutions…

Talan fait travailler des chercheurs sur la mobilité en entrepriseLaurent Cervoni : En 2019, nous avons créé le Centre de Recherche et d'Innovation. Il a pour mission de stimuler et de soutenir les actions de recherche technologique et méthodologique de Talan.  Il permet à nos collaborateurs de se familiariser avec les démarches scientifiques, de se confronter à des questions de recherche originales et de collaborer avec des chercheurs issus du milieu universitaire dans le cadre de leurs missions de conseil.

Plus concrètement ?

Le Centre accueille chaque année un certain nombre de post-doctorants issus de diverses disciplines (une dizaine l’an dernier, une vingtaine cette année) qui travaillent sur des sujets pour alimenter nos équipes sur des sujets en sciences de gestion, IA, environnement, blockchain… 

Ou encore la mobilité. C’est le cas d’un simulateur d’empreinte carbone d’une mission professionnelle qui a l'originalité de calculer, outre l’impact du déplacement, celui du numérique…

Oui. Le projet s’appelle Hope by Talan. Chaque consultant de Talan dispose d’un outil pour calculer l’empreinte carbone la plus complète possible de chacune de leur mission. L’ensemble de ses déplacements, mais également le numérique. Notre appli agrège les données des fabricants de smartphones, d’ordinateurs, des constructeurs automobiles, les données de l’Ademe, des transporteurs, un calcul forfaitaire “hôtel” (car il y a carence en données de précision), et tient compte du mode de production d’électricité de chaque pays, par exemple (actuellement seulement sur le territoire français, d’autres pays vont être intégrés, notamment le Royaume-Uni et la Belgique).

Cet outil, pour l’heure utilisé en interne, a-t-il vocation à être proposé à vos clients ?

Oui mais ce ne sera que la deuxième étape, qu’on espère en fin d’année : on attend qu’un volume représentatif de missions clients soient passées à ce crible. A partir de là, il y a un travail d’acculturation, de conscientisation à faire. Avec Hope, le consultant peut dire à son client : “Lors de telle mission, il y a eu une génération de CO2 de telle quantité, dont 65% de déplacement et 30% de numérique”…  Et peut-être de modifier la façon de travailler pour la prochaine mission afin d’améliorer l’impact. L’idée est de sensibiliser le client sur de nouvelles pratiques de travail… 

Les données “déplacements” ou “utilisation numérique” se basent sur du déclaratif. Un travail qu’on imagine trop fastidieux et chronophage pour être largement adopté par le collaborateur…

C’est vrai. C’est la raison pour laquelle on est en train de saisir des dizaines et des dizaines de missions Talan - le secteur de marché, la localisation du client, le profil du consultant, le montant de la mission… Et, avec du machine learning, en saisissant très peu d’informations, on obtiendra une estimation de bonne qualité de l’empreinte carbone de la mission.

Un autre projet s'intitule “Mon empreinte carbone” et concerne cette fois-ci le commuting…

Plus qu’un projet, c’est un programme puisque nous y travaillons depuis deux ans, en partenariat avec les universités de Bordeaux et La Rochelle. L’une et l’autre avaient réalisé un travail similaire sur le déplacement de leurs étudiants. On se propose de le décliner sur les déplacements domicile-travail de nos collaborateurs puis de nos clients quand l’outil sera tout à fait opérationnel. 

L’objectif est de constituer un référentiel très important de ces déplacements en fonction de plusieurs critères : la distance, les villes et régions et les habitudes et contraintes afférentes, l’offre de transport public mais aussi de l’entreprise, le profil du collaborateur (âge, avec ou sans enfant, sensibilité à l’enjeu environnemental…).

Quand le collaborateur décrit son trajet, on lui délivre son empreinte carbone, bien sûr. Mais en plus, grâce à ce référentiel on peut lui délivrer de la comparaison sociale, sur le modèle de ce que pratiquent certains fournisseurs d’électricité : “votre empreinte est plus/moins importante de telle quantité de CO2 par rapport aux autres”. Et enfin, on délivre du conseil pour améliorer l’empreinte, s’il y a lieu.

Y a-t-il mesure de l’effet comportemental de ces conseils ?

Bien sûr, c’est un des atouts de la solution. Le collaborateur est réinterrogé plus tard et l’on peut mesurer, en fonction de tous les critères dont j’ai parlé, l’appétence ou la résistance au changement de comportement. C’est un outil qui peut permettre de mesurer à une entreprise l’intérêt - ou non - que pourrait avoir la mise en place d’une flotte de vélos électriques, par exemple.