Tendance : le télétravel, ce n’est pas que pour les freelances

Le télétravel, ce n'est pas que pour les freelances

La tendance est au travail nomade pour les travailleurs indépendants. Mais il semblerait que de grandes entreprises proposent désormais cette pratique à certains de leurs salariés... C'est entre autres à elles que s'adresse la startup Teletravel.

"Télétravel", ce mot-valise, hybride de "télétravail" et de "travel" se répand avec constance depuis quelques mois, notamment depuis l'expérience du confinement et du travail à distance qu'il impliqua durant de longues semaines.

Dans la plupart des cas, il fait référence à ces travailleurs nomades qui changent de lieu de vie plusieurs fois par an, souvent à l'étranger, tout en exerçant leur profession, par la grâce d'outils numériques désormais assez performants pour un travail efficace. Autant dire : toute séduisante qu'elle soit, une option qui ne peut convenir qu'à un certain type de travailleurs indépendants.

Parmi les startups qui se sont engouffrées dans la brèche (Remoters, Holiworking...), l'une d'entre elles sort du lot : Teletravel. Pas uniquement parce que Yacine Bakouche, son créateur (et CEO du tour-opérateur Best of Tours), humant avec une certaine efficacité l'air du temps, eut l'excellente idée de déposer la marque en 2020.

Egalement parce que le type de séjours qu'elle promeut peut convenir à des salariés. Parmi la trentaine de télétravelers (trois fois plus qu'il y a six mois) que la solution (du offline et une plateforme internet) accompagne actuellement, ceux-ci sont d'ailleurs confortablement majoritaires. "On a souvent tendance à assimiler le télétravail à un rythme hebdomadaire. C'est le cas, la plupart du temps. Mais il existe d'autres formules : un collaborateur en full présentiel huit ou neuf mois dans l'année, et un ou deux mois en full télétravail. C'est à eux qu'on s'adresse", explique Yacine Bakouche.

Marque employeur

Ce dernier ne se prétend pas visionnaire, il avoue même avoir été surpris par le vivier de télétravelers que constitue ce segment particulier de télétravailleurs : "On pensait s'adresser en priorité aux travailleurs indépendants, ce n'est finalement pas le cas. Mais ce n'est pas tout : on imaginait les mentalités françaises moins prêtes à ce genre de schémas qu'au Royaume-Uni ou en Europe du Nord, notamment. Ou bien, que les travelers seraient célibataires sans enfants. Ou encore, dans le cas de salariés, qu'ils travailleraient dans des startups, ou dans la communication, par exemple. Eh bien, tout ça ne s'est pas forcément vérifié, loin de là."

Avec la même humilité, il concède avoir, à la pratique, découvert la notion de "marque employeur". Car c'est un élément central dans la stratégie des entreprises qui permettent - voire encouragent - ce type de pratiques à leurs collaborateurs. Au bout du télétravel, c'est, pour l'employeur, l'attractivité et la rétention de talents qui est espérée.

Mais pas uniquement : "Ca peut être le perfectionnement dans une langue étrangère, l'exploration d'un nouveau marché, l'étude d'un terrain et l'imprégnation d'un territoire (un viticulteur anglais dans la région bordelaise, par exemple), ou encore la possibilité de côtoyer des collègues de filiales à l'étranger, dans le cas de multinationales", explique le même.

"Au final, résume Maëva Proux, directrice du développement, l'objectif est que le collaborateur sorte grandi de cette expérience." Et que, bien sûr, l'entreprise en récolte les bénéfices en termes d'engagement, d'adoption d'une culture "corporate", de connaissances et de compétences acquises, etc.

Si un jour, donc, votre boss vous propose deux mois de télétravel à Bali, ce n'est pas parce qu'il est gentil.