Vent d’optimisme sur le business travel

Vent d'optimisme sur le business travel

Un article du média américain Bloomberg et la parution du baromètre mensuel du think tank français Marco Polo concordent sur les tendances fortes à la reprise du voyage d'affaires.

Les pessimistes avaient tort : les voyageurs d'affaires reviennent", déclare Andrew Crawley, directeur commercial Monde d'Amex GBT, à Bloomberg TV. L'activité de sa TMC a en effet rebondi à 61 % de son niveau pré-pandémique, contre seulement 25 % au plus fort de l'épidémie d'omicron. De même, CWT affirme que “les réservations dépassent aujourd'hui la moitié des niveaux pré-pandémiques, alors qu'elles ne représentaient que 20 % au début de l'année.

Les secteurs de la technologie, du commerce de détail, de l'administration et de la défense seraient à la pointe de la reprise, et les banques rattraperaient leur retard. FCM Travel confirme la même tendance : les volumes sont à 80 % ceux de 2019 et, dans certains endroits, elles ont légèrement dépassé les niveaux d'avant la pandémie. "Ça revient beaucoup plus fort que ce que l'on avait prévu", note l’un de ses dirigeants.

Durabilité

Bien qu'il reste à vérifier si cette reprise est durable, n’est pas que l’effet d’un phénomène de rattrapage, les compagnies aériennes déploient leurs flottes et établissent leurs réseaux post-pandémie. L'indice Bloomberg World Airlines a grimpé d'environ 50 % depuis son plus bas niveau de mai 2020. Delta affiche des réservations d'affaires intérieures atteignant 70 % du niveau de 2019, et affirme que presque toutes ses entreprises clientes prévoient de voyager davantage durant la 2ème moitié de l’année. 

United Airlines, quant à elle, parle même de voyages d'affaires domestiques qui dépassent l’année 2019 au même moment.  "Je pense que ce trimestre, nous serons en mesure de balayer la question Les voyages d'affaires reviennent-ils ?". Scott Kirby, DG de la compagnie, enfonce le clou : "Le fait que les voyages d'affaires se redressent si rapidement nous rend vraiment, vraiment confiants."

Ces perspectives, qui incitent effectivement à l’optimisme, composent un tableau global dont il faut distinguer les disparités régionales. L’Asie plombe l’élan. Pour ne parler que de la plus grosse destination du continent : le rebond est anémique en Chine, où des villes entières sont encore verrouillées pour tenter d'éradiquer le Covid, idem à Hong Kong, où les visiteurs étrangers doivent être mis en quarantaine à leur arrivée.

La France fait mieux

C’est donc l’Amérique du Nord qui constitue la locomotive du mouvement. L’Europe la suit. Et c'est certainement parce que le think tank Marco Polo s'intéresse à mesurer l'activité du secteur dans un marché européen, la France que les données chiffrées sont plus flatteuses encore...

En effet, après la sortie d'omicron et des mois de février et mars particulièrementb dynamiques, avril 2022 avait marqué une forme de pause dans la courbe ascendante du voyage d’affaires (76% d'avril 2019). Rebond : l'activité de mai 2022 corresponde à 90% de son niveau de mai 2019.

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Cette spectaculaire augmentation de 14 points en un mois constitue "une performance d’autant plus remarquable qu’elle s’est réalisée dans un contexte où l’offre
n’a pas toujours été en mesure de satisfaire la demande, pour des raisons de disponibilité des matériels et/ou du personnel, notamment dans l’aérien", estime-t-on  du côté du think tank.