Le Président Donald Trump vient d'annoncer une hausse des frais associés au visa de travail H-1B. Une nouvelle annonce qui vise à pénaliser les employés qualifiés venus de l'étranger, principalement venus d'Inde et de Chine.
Après la hausse de la taxe d'intégrité de visa (integrity visa fee), Donald Trump s'attaque au visa H-1B, très utilisé par les entreprises du secteur de la tech dans la Silicon Valley. Concrètement, ce visa permet aux employeurs américain d'embaucher des travailleurs étrangers pour des professions spécialisées, à haut niveau de compétences. Le Président a signé un décret le 19 septembre dernier stipulant que le montant des frais de ce visa passerait désormais de 10.000 à 100.000 dollars, soit environ 85.000 euros. Très vite, la panique s'est répandue dans les entreprises de la tech, principal secteur concerné par ce document pour recruter des profils spécialisés. Ce visa est temporaire car délivré pour une durée de trois ans, renouvelable une fois, mais permet néanmoins à son détenteur de déposer une demande de "Green Card" pour devenir résident permanent.
Selon les donnés fournies par les services américains de l'immigration, au premier semestre 2025, Amazon est l'entreprise qui a sponsorisé le plus de demandes (plus de 10.000 approuvées), suivie de la société de services informatiques Tata Consultancy Services (5.505), de Microsoft (5.189), de Meta (5.123), d'Apple (4.202) et de Google (4.181). “Microsoft, Alphabet, Amazon ainsi que d’autres entreprises technologiques ont envoyé des messages aux employés concernés leur demandant de rentrer aux États-Unis samedi et d’annuler tout projet de départ du pays”, rapportent nos confères de Bloomberg. Avant d'ajouter : “Amazon a également conseillé aux titulaires de visas H-4, destinés aux conjoints et personnes à charge des titulaires de visas H-1B, de rester aux États-Unis”.
Encourager l'embauche des travailleurs américains
Pour l'administration Trump, cette hausse a pour objectif d'encourager les entreprises à recruter des travailleurs américains. “Formez des Américains. Arrêtez de faire venir des gens pour voler nos emplois”, a notamment déclaré le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick. Le secrétaire au Commerce a toutefois précisé que les géants de la tech approuvent la décision du gouvernement. Les Etats-Unis pourraient néanmoins être pénalisés dans un contexte de course à l'IA, face au manque de main d'œuvre pour ce type de profil. L'an dernier, les travailleurs indiens ont représenté 71 % des bénéficiaires de visa H-1B, devant les Chinois (11,7 %), les Philippins (1,3 %), les Canadiens (1,1 %) et les Sud-coréens (1 %).
Vers une entrée en vigueur dès 2026 ?
La Maison Blanche a précisé le 20 septembre que ces frais n'affectera pas les titulaires actuels d'un visa H-1B et que ces frais devraient s'appliquer uniquement aux nouvelles demandes à partir de 2026, "laissant le temps aux entreprises renforcer encore leurs programmes de développement des compétences aux États‑Unis et d’accroître les recrutements locaux." La Nasscom, principale fédération professionnelle du secteur numérique en Inde, a déclaré à travers un communiqué regretter l'entrée en vigueur d'une telle mesure et rappelle que ce visa "comble des pénuries de compétences critiques aux États‑Unis" et que les travailleurs H-1B ne "représentent qu’une infime fraction de l’ensemble de la main‑d’œuvre américaine". Elle conclut : "La mobilité des talents qualifiés sera déterminante pour permettre aux entreprises de prendre des décisions d’investissement tournées vers l’avenir, d’accélérer la recherche et de renforcer la position des nations dans l’économie mondiale de l’innovation."