La Fédération Nationale de l’Aviation et de ses Métiers (FNAM) et l’Union des Aéroports Français (UAF) dévoilent les résultats d’une enquête nationale, sur la typologie des passagers aériens et leurs usages en 2024. L’étude confirme que le profil des voyageurs d’affaires reste central dans le paysage du transport aérien français, mais évolue entre arbitrages économiques, attentes environnementales et besoins de mobilité.
Cette étude, réalisée avec l’appui d’ADP et Air France-KLM, croise des données quantitatives issues des aéroports français et de la DGAC avec un sondage d’opinion IFOP auprès de 4 000 Français. Loin d’être réservé à une élite, le transport aérien s’est largement démocratisé : aujourd’hui, 65 % des Français déclarent prendre l’avion, et 33 % au moins une fois par an. Selon l'étude, les passagers sont plus jeunes, plus mixtes socialement et plus représentatifs de la société. Les employés forment désormais la première catégorie socioprofessionnelle dans les avions (43 % des actifs) et une personne sur deux parmi les foyers modestes déclare y avoir recours.
Les voyageurs d’affaires : une part significative du trafic
En 2024, les déplacements professionnels représentaient 27 % de l’ensemble des voyages aériens. Si la part des déplacements pour motifs personnels (vacances, raisons familiales) reste majoritaire, la mobilité professionnelle reste un moteur essentiel pour le secteur. Cette demande, stimulée par les mutations du monde du travail (mobilité, éloignement, nouveaux bassins d’emploi), s’inscrit dans un contexte de rationalisation des usages : le coût du billet d’avion reste un facteur déterminant (plus de 80 % des Français l’anticipent ou l’arbitrent) et 71 % se déclarent sensibles à toute hausse de la fiscalité aérienne.
La clientèle corpo, comme l’ensemble des passagers, exprime une conscience accrue des enjeux environnementaux : 79 % privilégient désormais l’avion pour des destinations lointaines et 75 % sont attentifs aux compagnies engagées dans la transition énergétique. En parallèle, 70 % des sondés estiment que le secteur aérien saura se décarboner dans les prochaines années, même si les perceptions sur son impact environnemental restent contrastées (60 % surestiment son impact carbone, selon la FNAM). Pour les voyageurs d’affaires, l’avion reste un outil indispensable à la compétitivité, à l’emploi et à la cohésion nationale, alors même que la fermeture de lignes ou la hausse des taxes sont perçues comme des freins majeurs à la mobilité professionnelle et au dynamisme régional.