Rencontrez les experts American Express au salon IFTM

Aérien : Les jets privés et les classes avant dans le viseur fiscal

Nous suivre sur Google
Margot Ladiray

Margot Ladiray

7 juillet 20252 min de lecture

Tribune JL Baroux - L'aérien régional : la promesse d'un grand avenir
Tribune JL Baroux - L'aérien régional : la promesse d'un grand avenir© Archives DéplacementsPros.com

Huit pays, dont la France, ont annoncé début juillet la création d’une coalition internationale visant à renforcer la fiscalité du transport aérien, en particulier pour les passagers des classes Première, Business et les utilisateurs de jets privés.

À l’occasion de la Conférence internationale de l’ONU sur le financement du développement, huit pays, dont la France, l'Espagne, le Kenya, le Bénin, la Sierra Leone, la Somalie, la Barbade et Antigua-et-Barbuda, ont officialisé la création d’une « coalition de solidarité ». Celle-ci a pour objectif d’instaurer une taxe spécifique sur les billets de première et de classe affaires, ainsi que sur les vols en jet privé.

Soutenu par la Commission européenne et la Global Solidarity Levies Task Force (GSLTF), ce projet vise à mobiliser des ressources supplémentaires pour financer la lutte contre le changement climatique et soutenir la résilience des pays en développement. L’Élysée précise que l’initiative entend « améliorer la mobilisation des recettes nationales des pays en développement et soutenir la solidarité internationale », en assurant une plus grande progressivité dans la fiscalité aérienne. Selon un rapport du groupe de travail publié en juin, la généralisation de telles mesures pourrait générer jusqu’à 187 milliards d’euros par an de recettes à l’échelle mondiale.

Cette annonce a été chaleureusement accueillie par Greenpeace, qui y voit « une étape importante pour s’assurer que les utilisateurs frénétiques de ce secteur sous-taxé paient leur juste part ». L’ONG invite désormais tous les pays à rejoindre cette coalition et à mettre en œuvre ses engagements d’ici la COP30, prévue en novembre à Belem, au Brésil.

La réaction ferme de l’IATA

L’Association internationale du transport aérien (IATA) a vite réagi, critiquant vivement le projet. Pour Willie Walsh, son directeur général, « l’industrie aérienne est un catalyseur économique, pas une vache à lait ». L’IATA rappelle que le secteur affiche des marges bénéficiaires structurellement faibles (3,4 % en moyenne en 2024), et que la taxe envisagée, estimée à 78 milliards d’euros par an pour les voyageurs premium, serait trois fois supérieure au bénéfice annuel mondial du secteur.

L’organisation souligne également que l’industrie s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, un "effort colossal estimé à 4.700 milliards de dollars", et qu’une nouvelle fiscalité risquerait de "freiner les investissements nécessaires à la transition énergétique". Selon l’IATA, le mécanisme international CORSIA, déjà en place, permet de gérer les émissions du secteur, et l’ajout de taxes nationales ou régionales risquerait d’affaiblir la cohérence des efforts mondiaux. L’IATA pointe également l’absence d’évaluation de l’impact économique d’une telle mesure sur l’accessibilité du transport aérien, la viabilité des réseaux internationaux et la connectivité. Les discussions devraient se poursuivre d’ici la COP30...

Sur la même thématique

Voir tout