Aérien : les nordiques Norse Atlantic et Play à l’offensive sur le transatlantique

Les compagnies scandinaves, finlandaise et islandaises font valoir leurs atouts en matière de dessertes des Etats-Unis, soulignant les temps de vols et le confort des correspondance par les routes du Nord. Les nouvelles low-costs Norse Atlantic Airways et Play avancent plutôt l’argument prix…

La crise sanitaire n’a pas découragé les velléités de création de nouvelles compagnies aériennes. On a pu le constater aussi dans les pays nordiques ces derniers mois, avec l’islandaise Play et la norvégienne Norse Atlantic Airways. Lesquelles entendent marcher prochainement sur les traces de Wow Air et de Norwegian Air Shuttle sur le transatlantique ; pour rappel, la première a en effet fait faillite en mars 2019, quand la seconde, sortie d’une procédure de sauvegarde il y a quelques mois, a renoncé au long courrier pour se concentrer sur les marchés nordique et européen.

Sans surprise, de nombreux dirigeants de Play – dont son CEO Birgir Jónsson – ont occupé des fonctions majeures chez Wow Air. La nouvelle low-cost islandaise a démarré ses vols en juin dernier entre l’aéroport de Keflavik et celui de Londres Stansted, avant d’étendre rapidement son offre à une dizaine d’autres destinations européennes dont Paris CDG (4 vols par semaine). Le transporteur, doté d’une flotte d’A320neo et A321neo, lancera ses opérations sur les Etats-Unis le printemps prochain. Il reliera dans un premier temps son hub de Reykjavik aux aéroports de Baltimore/Washington (le 20 avril) et de Boston Logan (le 11 mai), à raison de quatre vols par semaine sur chacune des deux dessertes.

L’Autorité norvégienne de l’aviation civile vient également de délivrer le certificat de transporteur aérien à Norse Atlantic Airways. Laquelle entend démarrer ses opérations en avril prochain. Ses premiers vols (assurés en B787 Dreamliner) relieront l’aéroport d’Oslo-Gardemoen à plusieurs villes des États-Unis dont Fort Lauderdale (Miami), Newburgh-Stewart (New York) et Ontario-International (Los Angeles). Et la low-cost long-courrier norvégienne d’annoncer déjà des vols transatlantiques au départ de Londres et de… Paris.

Les anciens salariés de Norwegian, en France, n’ont pourtant pas oublié les graves manquements de l’entreprise après l’arrêt de son activité dans l’Hexagone. Et pas davantage que l’un des principaux investisseurs de Norse Atlantic Airways (15% du capital) n’est autre que Bjorn Kjos, le cofondateur et ex-CEO de Norwegian Air Shuttle. De plus, Bjorn Tore Larsen, co-fondateur, PDG et investisseur majoritaire de Norse (53% du capital), est également le co-fondateur de la société OSM Aviation, entreprise spécialisée dans la mise à disposition de personnel navigant, ayant travaillé pour Norwegian avant que celle-ci ne décide de recruter elle-même ses salariés.

Les deux nouvelles compagnies à bas coûts réussiront-elles à trouver leur marché, sachant qu’elles misent sur leurs tarifs attractifs. Les billets de Play pour Boston et Baltimore/Washington au départ de Paris sont ainsi en vente, à partir de 139 euros l’aller-simple, sur la base d’un vol aller-retour.

La concurrence est en effet très rude sur le transatlantique, y compris avec SAS, Finnair et Icelandair. Cette dernière va ainsi lancer en mai prochain une quinzième ligne sur l’Amérique du Nord, soit Raleigh-Durham, en Caroline du Nord, opérée en B737Max-8 (160 sièges). Les autres compagnies n’ont pas manqué, elles non plus, de s’engouffrer dans la brèche, en novembre dernier, avec l’ouverture des frontières américaines aux visiteurs vaccinés. SAS a alors ajouté la desserte de Miami depuis les aéroports de Stockholm-Arlanda, Copenhague et Oslo-Gardemoen, tout en consolidant son offre sur New York Newark, Los Angeles, San Francisco, Washington DC et Chicago. Et Finnair, depuis Helsinki, va renforcer son offre sur l’Amérique du Nord début février avec Dallas-FortWorth, en plus de New York JFK, Los Angeles et Chicago.