Air Sénégal (Saoudatou Ndongo) : « Le business travel, un segment essentiel »

703

Le Sénégal est passé au vert pour les Européens. A l’occasion de l’APG World Connect qui s’est déroulé la semaine dernière à Monaco, nous avons interrogé Saoudatou Ndongo, directrice des ventes et de la distribution d’Air Sénégal, sur les perspectives de sa compagnie.

Comment Air Sénégal a-t-elle traversé la crise ?

Saoudatou Ndongo : On ne l’a pas trop mal vécue si on se compare à d’autres compagnies. On n’a finalement interrompu notre service que pendant trois semaines au mois de mars. Puis on a été occupé à effectuer des rapatriements de Sénégalais bloqués en Europe, notamment en France et en Italie; et des Sénégalais bloqués au Sénégal qui devaient retourner en Europe à leur travail et auprès de leur famille. Et durant cette période difficile, nous avons même ouvert de nouvelles lignes : Milan, Lyon, Casablanca, ainsi qu'aux Etats-Unis. Donc Air Sénégal va bien, et est désormais présente sur trois continents : en Afrique de l’Ouest et Centrale, en Europe avec une escale à Milan, Barcelone, Lyon, Marseille et Paris (avec un vol quotidien), et aux Etats-Unis avec, depuis le 2 septembre dernier, la ligne Dakar-New York-Washington.

Dans votre activité, quelle part le business travel occupe-t-il ?

Avant la crise, le BT devait représenter plus d'un quart de notre activité. C'est un créneau essentiel pour nous, sur lequel on travaille beaucoup. On vient d'ailleurs de signer des contrats corporate avec de grosses organisations françaises ayant une activité au Sénégal mais aussi sur toute l’Afrique de l'Ouest. Car Air Sénégal est aujourd'hui positionné comme une compagnie de hub, dont la base se trouve à Dakar, et qui rayonne sur toute cette partie du continent, notamment Douala (Cameroun), Libreville (Gabon) et Cotonou (Bénin).

Concrètement, quelles actions sont menées pour attirer ce type de clientèle ?

Plusieurs choses : notre classe affaire est très compétitive en termes de prix, environ deux fois inférieure à la concurrence. C'est pourquoi, aux personnels d’ambassade, aux collaborateurs dans le domaine des hydrocarbures - le Sénégal se positionne en destination “oil and gaz” - s'ajoutent un grand nombre de PME soucieuses de leurs finances. Notre produit business est donc d'un excellent rapport qualité-prix puisqu'en outre, nous avons aujourd'hui une cabine flambant neuve sur un A330 Neo de dernière génération. Et notre classe Premium est également prisée par les voyageurs professionnels.

Le Sénégal est désormais classé "pays vert" par l'Europe. C'est une étape décisive pour vous ?

Oui, bien sûr. C'est en tout cas une excellente nouvelle qu'une Europe aux taux de vaccination très élevés et un Sénégal aux taux d'infection très faibles (de l'ordre de 0,65 %) s'ouvrent l'une à l'autre. C'est pourquoi, dans ce contexte et en considérant nos nouvelles routes, on espère retrouver, voire dépasser, notre trafic 2019 dès 2022. Signe de notre ambition et de notre optimisme : nous sommes en train de renouveler une bonne partie de notre flotte avec, notamment et pour parler d'une actualité chaude, l'accueil de A220 à partir de fin novembre. Tous ces nouveaux appareils seront équipés de nos nouvelles cabines business; je le répète : c'est un segment très important pour nous. En synthèse : ça fait 2 ans qu’on fonctionne en hub et on a l’ambition de devenir une compagnie majeure en Afrique de l'Ouest et Centrale. Nous sommes d'ailleurs une compagnie déjà importante au départ de Paris pour Abidjan (Côte d'Ivoire), Conacry (Guinée), Bamako (Mali), etc. 

Et au niveau domestique ?

C'est une période un peu particulière car un vaste plan national de rénovation des aéroports régionaux est en cours. Beaucoup de nos lignes habituelles sont donc fermées. Mais c'est très bien reparti entre Dakar et Ziguinchor, une ligne fréquentée par beaucoup de personnels universitaires; et Dakar et Cap Skirring, une destination balnéaire du sud du pays. Pour les voyageurs professionnels, notamment européens, la prochaine grosse échéance est la réouverture de l'aéroport de Saint-Louis, le plus proche des sites d'hydrocarbures.