Alitalia, entre aléas de la vie politique et grogne sociale

La constitution d'un nouveau gouvernement va probablement retarder l'annonce de l'offre ferme de reprise d'Alitalia fixée au 15 septembre. Les syndicats s'impatientent et s'inquiètent du futur périmètre de la compagnie ; trois d'entre eux appellent à la grève le 6 septembre.

L'Italie va bientôt se doter d'un nouveau gouvernement, fruit d'une coalition récemment encore improbable entre le mouvement Cinq Etoiles et les sociaux-démocrates. Or, Alitalia est très sensible aux soubresauts de la politique italienne, surtout depuis l'annonce le mois dernier de son retour dans le giron de l'Etat, suite à l'accord devant déboucher sur un nouveau tour de table comprennant les chemins de fer italiens, le Trésor italien, la holding Atlantia et la compagnie américaine Delta Air Lines. Ainsi, la réunion entre les commissaires extraordinaires d'Alitalia et les syndicats, qui devait avoir lieu hier à Fiumicino, a été reportée à une date ultérieure. Et la date initialement fixée pour présenter l'offre ferme de reprise de la compagnie - le 15 septembre - sera probablement retardée.

Au volet politique s'ajoute le volet social, lié en grande partie aux pertes structurelles de la compagnie. Les syndicats souhaitent être informés sur l'avancée des négociations entre les partenaires du consortium, et notamment sur les pourparlers avec Delta Airlines. Leur inquiétude porte notamment sur une éventuelle réduction de la flotte, et sur le poids futur du segment long-courrier, un facteur clé dans le développement d'Alitalia. Cette restructuration pourrait se traduire par le licenciement de 2 800 salariés (sur 11 000). Les trois syndicats de pilotes et de PNC d'Alitalia Anpac, Anpav et ANP ont annoncé qu'ils déclenchaient une grève de 24 heures le 6 septembre, «en l'absence de clarté sur l'avenir».