B737 MAX, c’est (presque) reparti…

Nous annoncions l’autorisation de (re) voler du 737 MAX comme imminente il y a quelques jours, c’est désormais chose faite. Il faudra cependant encore attendre quelques semaines avant de revoir l’appareil dans le ciel.

Il ya donc une lumière au bout du monocouloir. Pour Boeing, le cauchemar 737 MAX est en bonne voie de prendre fin. Mercredi 18 novembre, l’aviation civile américaine (FAA) a en effet levé l’interdiction de vol du Boeing 737 Max, cloué au sol depuis mars 2019.

Cette notification a été adressée à Boeing mais aussi aux compagnies aériennes dont la flotte possède cet appareil. Les quelque sept cents 737 MAX stockés à travers le monde pourront ainsi reprendre progressivement du service.

Ces 20 mois de bannissement furent la conséquence de deux crash intervenus à cinq mois d’intervalle et ayant causé la mort de 346 personnes: le 29 octobre 2018 en mer de Java (Indonésie) et 10 mars 2019 en Éthiopie.

Formation et révision

Cette reprise est cependant conditionnée à l’approbation, par la même FAA, de la formation prodiguée aux pilotes avant tout vol du Boeing 737 MAX dans le ciel américain.

« Le chemin qui nous a conduits à cette décision a été long et exténuant, a souligné le directeur de la FAA, Steve Dickson (voir la vidéo). Mais nous avions dit dès le début que nous prendrions le temps nécessaire pour bien faire les choses. Nous n’avons jamais été guidés par le temps, nous avons suivi un processus méthodique et délibéré ». 

 
 

Une façon très partiale de présenter les choses : durant ces longs mois d’enquête, le constructeur a en effet multiplié les actions retardant l’établissement d’un diagnostic complet des dysfonctionnements de l’appareil.

Autre échéance : les compagnies aériennes devront procéder à des travaux de maintenance sur les avions cantonnés au tarmac des aéroports depuis mars 2019. Quant aux avions stockés chez Boeing, ils devront être examinés par un inspecteur de la FAA avant d’être envoyés chez les clients. 

Début 2021 en Europe ?

La compagnie American Airlines a déjà prévu un vol fin décembre, entre Miami et New York. Voilà pour le ciel américain. Mais qu’en est-il des espaces aériens mondiaux ? La situation est moins limpides, les autorités de l’aviation civile d’autres pays ayant décidé de procéder elles-mêmes à leur propre certification.

L’agence canadienne a indiqué mercredi qu’elle devrait «très bientôt» terminer son propre processus de validation et qu’elle demandera des modifications supplémentaires. L’agence européenne devrait pour sa part apporter officiellement son feu vert fin 2020 ou début 2021.

Si des réglages techniques et une amélioration de la formation des pilotes sont de nature à convaincre des autorités de l’aviation civile, qu’en sera-t-il des voyageurs ? C’est la grande inconnue. Certaines compagnies aériennes ayant anticipé la reprise des vols en 737 Max ont en tout cas prévu de réserver d’autres vols pour les plus rassurés d’entre eux. Un logiciel se répare plus vite qu’une image…