Conférence IATA : la sécurité, enjeu majeur de ces prochaines années

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Conférence IATA : la sécurité, enjeu majeur de ces prochaines années
Le Hong Ha, CEO de Vietnam Airlines, compagnie hôte, et Willie Walsh, DG de IATA, lors d’une conférence de presse en marge de la Conférence IATA consacrée à la sécurité. (Ph. DavidKeller)

Ce 19 septembre, IATA lançait sa charte sur la sécurité dans le transport aérien, alors que cet enjeu devient plus problématique depuis 2022, d'après Willie Walsh, DG de l'association.

IATA ouvrait ce mardi 19 septembre sa première World safety & operations Conference. Le signe que ces sujets, depuis la reprise post-Covid, sont devenus brûlants. Le lieu de l’événement est, lui aussi, signifiant : le Vietnam, soit un pays de ce continent asiatique plus lent à retrouver ses niveaux pré-pandémiques mais aussi principal réservoir de croissance globale du transport aérien.

Cette convention thématique marque aussi le lancement de la “Safety leadership Charter” (“Charte du leadership en matière de sécurité”) de l’IATA avec l’annonce de ses premiers signataires, une vingtaine de compagnies, parmi lesquelles British Airways, Emirates, Ethiopian, Air India, Air Canada, Qantas ou Qatar Airways.

Cette charte a été élaborée en collaboration avec les membres de l'IATA et la communauté aéronautique au sens large. Elle est censée aider les dirigeants des compagnies à développer une culture de sécurité positive au sein de leurs organisations. Le spectre est large : de la collaboration avec les Etats pour des rapports d'enquête rapides et approfondis en cas d’accidents à la “gestion” des passagers “indisciplinés” (“unruly”), en passant par la sécurité des pistes, la santé et le bien-être du personnel de cabine ou encore la formation des pilotes.

La sécurité, un enjeu plus problématique depuis 2022

La sécurité a toujours été une priorité pour les compagnies aériennes”, a déclaré Willie Walsh, DG de IATA, lors de la conférence d’ouverture. Certes, les chiffres le montrent : le nombre de vols est en constante augmentation depuis des décennies (période pandémique mise à part) et la courbe des accidents ou incidents graves suit la tendance inverse. Alors pourquoi une telle charte est-elle utile aujourd’hui ?

Parce que, estimera Willie Walsh dans une conférence de presse en marge de l’événement, “le problème est plus criant depuis 2022 (alors que la demande redevenait forte, ndr), et le sera malheureusement toujours en 2024”. En cause, d’après le patron de l’association, la défaillance d’un certain nombre d’acteurs du transport aérien - il cite notamment les pénuries de personnels et les perturbations dues aux mouvements sociaux des contrôleurs aériens en Europe et aux Etats-Unis.

On peut donc percevoir un certain paradoxe à demander un engagement fort des compagnies aériennes en matière de sécurité, tout en les dégageant de leurs responsabilités en citant d’autres maillons supposés faibles de la “supply chain” sur ce sujet. Sujet sur lequel Willie Walsh ajoutera : “Le transport aérien est un secteur ultra concurrentiel, mais en matière de sécurité, les compagnies doivent coopérer”.