Crise ukrainienne : Aeroflot rayée des GDS

Aeroflot rayée des GDS

Les sanctions contre la Russie ou ses intérêts affectent l'ensemble des secteurs, et l'aérien ne fait évidemment pas exception. A la fermeture des espaces aériens aux avions russes, s'ajoute l'effacement des GDS de l'emblématique Aeroflot.

Alors que Sabre annonçait ce jeudi 3 mars le retrait du stock Aeroflot de son système de distribution, nous avons cherché à savoir ce qu'il en était des autres grands fournisseurs de GDS.

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Interrogée à ce sujet, Amadeus nous a déclaré : "nous avons commencé à suspendre la distribution des tarifs Aeroflot dans nos systèmes." Par ailleurs, le géant technologique a tenu à ajouter : "Nous avons immédiatement mis à l’arrêt tout nouveau projet commercial planifié en Russie. Nous ne signerons aucun nouveau contrat en Russie et nous continuons à évaluer en parallèle l’ensemble de nos projets existants en Russie." 

Travelport a également été interrogée et sa réponse est plus limpide encore : "Travelport a suivi de près l'évolution de la situation en Ukraine. Nous avons été choqués et attristés par les événements qui se déroulent (...) nous avons pris la décision de suspendre immédiatement les ventes d'Aeroflot sur la plateforme." Ajoutant : "Nous avons travaillé avec diligence aux côtés des gouvernements mondiaux pour continuer à faire respecter les sanctions imposées à la Russie."

Tiercé perdant

Ainsi les trois plus grands GDS mondiaux ont-ils effacé de leur stock (ou sont en cours) les vols Aeroflot. Pour celle-ci, ce retrait des systèmes de distribution internationaux ne change pas, dans l'immédiat, grand chose à la donne : l'entièreté des ciels "occidentaux" sont fermés aux compagnies russes, formant un cordon quasi hermétique pour accéder aux destinations qui leur seraient encore ouvertes. On peut donc mettre en avant la dimension symbolique d'une telle mesure.

Après deux ans de pandémie, ce nouveau coup d'arrêt est particulièrement dur pour la compagnie. Coup d'arrêt mais pas coup de grâce : Aeroflot, compagnie soviétique de naissance, s'est ouverte aux capitaux privés en 1994, concomitamment au démantèlement de l'URSS, mais reste détenu à 51% par l'Etat russe. Sa survie ne fait donc pas de doute.

Ambitions

En 2021, la compagnie été désignée comme la marque airlines la plus forte au niveau mondial par le cabinet Brand Finance, comme durant les quatre années précédentes. C'est son dynamisme passant notamment par un renouvellement de sa flotte (sous pavillon des Bermudes dans son immense majorité) qui expliquait cette reconnaissance. Aux World Travel Awards 2020, elle a conservé ses titres de "Première marque de compagnie aérienne du monde" et de "Première compagnie aérienne du monde - Classe affaire".

Signe des ambitions de la compagnie russe, ce retentissant plan stratégique de croissance annoncé en novembre 2018, intitulé "100 by 100" : pour son centième anniversaire, Aeroflot (et ses filiales - notamment Podeba, sa lowcost domestique) devait transporter 100 millions de passagers l'année même où elle atteindrait son siècle d'âge, en 2023. L'objectif consistait en un doublement du nombre de ses passagers vs 2017. Il ne sera pas atteint.