Départ d'Air France d'Orly : ce qui change pour les voyageurs dès ce week-end

Après 80 ans d'opérations, Air France va définitivement quitter Orly à la fin de la semaine.

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

26 mars 20264 min de lecture

Orly-Transavia
© Adobe Stock

Après 80 ans d'opérations, Air France va définitivement quitter Orly à la fin de la semaine. Le dernier avion de la compagnie atterrira le 28 mars dans la soirée, avant de voir l'intégralité de ses opérations transférées vers l'aéroport de Roissy-CDG. 

Annoncée officiellement en octobre 2023, cette décision avait fait grincer des dents les voyageurs et les salariés d'Air France basés à Orly, certains depuis plusieurs dizaines d'années. Depuis son premier vol en juin 1946 à destination de New York, Air France aura investi les pistes de l'aéroport du Val-de-Marne durant 80 ans.

La compagnie tricolore justifiait alors sa décision par la baisse du trafic sur les liaisons domestiques au départ d'Orly (-40% entre 2019 et 2023). Dans ce contexte, elle décide de regrouper tous ses vols internationaux et domestiques à Paris CDG, à l'exception des liaisons de/vers la Corse qui resteront assurées depuis Paris-Orly. A partir de dimanche, Transavia deviendra ainsi l’opérateur de référence du groupe depuis sa base au sud de Paris. 

Une stratégie de premiumisation pour la low cost

Face à l'inquiétude des voyageurs, notamment la clientèle Affaires empruntant régulièrement les navettes vers le sud de la France, la low cost a engagé une montée en gamme progressive. Outre le renforcement de son programme de vols (jusqu’à 8 vols par jour vers Nice, 2 vers Marseille et 8 vers Toulouse ), Transavia fait évoluer son offre commerciale. Les vols vers Nice, Toulouse et Marseille partiront depuis Orly 2 afin de "limiter le temps de parcours entre les comptoirs d’enregistrement et la porte d’embarquement », et les avions vers ces 3 destinations seront positionnés en priorité au contact à Orly, au niveau de la porte 2C pour fluidifier le parcours voyageurs. Transavia va également inaugurer en mai prochain son premier salon au Terminal 2.

Crédit : Transavia

Son accès sera réservé aux passagers munis d'un billet au tarif Max France ou membres Flying Blue Platinum et Ultimate voyageant sur des vols domestiques. A l'intérieur, les voyageurs pourront profiter d'un espace de travail, d'une offre de restauration ou encore d'un accès gratuit au Wifi.

En parallèle la compagnie étoffe son tarif Max avec plus de flexibilité et renforce l'intégration du programme Flying Blue pour ses membres Platinum et Ultimate. L'objectif : séduire la clientèle corporate, dans un contexte où la low cost s'apprête à représenter près de 50% du trafic de la plateforme d'Orly à compter de dimanche. "Avec cette base et cette taille à Orly, plus notre exploitation en province, Transavia a de plus en plus une position importante en France", a tenu à rappeler Olivier Mazzucchelli, PDG de Transavia France le 10 mars lors d'une conférence de presse. 

Un programme complémentaire entre Orly et Roissy

Cette réorganisation s'inscrit dans une stratégie de complémentarité entre les deux aéroports parisiens. Air France renforce ses liaisons depuis Roissy-Charles de Gaulle à partir d'avril 2026, portant à 12 le nombre de vols quotidiens vers Nice et Toulouse, et à 10 vers Marseille. La compagnie souhaite en effet faciliter les correspondances avec ses vols long-courriers opérés depuis son hub principal de CDG. Les voyageurs d'affaires disposeront ainsi d'une double offre : Transavia à Orly pour des vols directs en low cost, ou Air France à Roissy pour une meilleure connectivité internationale.

Un investissement de 1,7 milliard d'euros pour Orly

Transavia va également bénéficier des investissements prévus par le groupe ADP pour moderniser la plateforme d'Orly. Le 11 décembre 2025, ADP a présenté son Contrat de régulation économique (CRE), un plan d'investissement de 8,4 milliards d'euros entre 2027 et 2034 destiné à hisser les aéroports parisiens au meilleur standard international. Sur cette enveloppe, 1,7 milliard d'euros sera consacré spécifiquement à Orly, principalement axé sur l'amélioration de l'accessibilité et du parcours voyageur .

Concrètement, ADP prévoit la construction d'un nouveau bâtiment de 10.000 m² entre les halls 1A et 1B d'ici 2031, qui abritera une nouvelle zone de contrôle de sûreté et l'agrandissement des salles d'embarquement . L'objectif principal : gagner en points de contact avec les avions pour limiter l'usage des navettes et offrir davantage de portes en passerelle, un élément crucial pour Transavia qui souhaite positionner ses appareils au contact. Le groupe ADP anticipe notamment une capacité d'accueil supplémentaire de 18 millions de passagers sur l'ensemble des aéroports parisiens d'ici 2034

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