Disparition du MH370 : Plusieurs hypothèses

Il y a déjà 6 ans, le Boeing 777 assurant le vol MH370 de la Malaysia Airlines disparaissait avec ses 239 occupants. Des débris ont été retrouvés, mais le mystère reste entier. Quels sont les différentes hypothèses possibles liées à cette disparition ?

Un Boeing 777 qui disparaît sans laisser de traces, évidemment, ça attise les rumeurs les plus folles. Xavier Tytelman consultant sécurité, défense en aéronautique nous fait un rappel des faits puis une revue complète des scénarii les plus probables encadrant la disparition du vol MH370.

Théorie 1 : Un état malfaisant à la manœuvre…

Cette théorie ne tient pas, car des données satellites, des données de radars civils et militaires de plusieurs pays, ainsi que les données du réseau téléphonique malaisien sont disponibles, compatibles et cohérentes entre elles. Des groupes officiels d’experts indépendants les ont analysées pour y déceler des failles, mais rien n’a été trouvé. Mieux, elles ont même confirmé ou infirmé certaines hypothèses. Les données brutes infalsifiables fournies Inmarsat aux enquêteurs français n’ont fait que confirmer ce fait. De plus, les débris retrouvés ont été analysés et ont été confirmés comme venants d’un Boeing 777 s’étant abîmé en mer il y a de ça plusieurs années. Or, aucun autre appareil ne manque à l’appel. Cette théorie est donc à écarter.

Théorie 2 : Un survol des Maldives…

Des habitants d’une petite île des Maldives ont vu un appareil les survoler et changer de direction vers le sud. Il est techniquement impossible que ce dernier soit le vol MH370, car il aurait dû voler 8h30 or le manifeste signé au départ confirme un emport de carburant permettant de voler un maximum de 8 heures. Des pièces ont bien été retrouvées par un pêcheur, mais elles ne proviennent pas d’un 777. Cette théorie est donc également à écarter.

Théorie 3 : Les Américains ont abattu l’avion…

La base aérienne de Diego Garcia appartient aux Américains et est une place forte stratégique pour l’armée des États-Unis. Craignant une attaque-suicide, scénario similaire à celui du 11 septembre 2001, les Américains auraient abattu l’avion. Or d’après les millions de données disponibles provenant de différentes sources compatibles, on sait que l’avion n’a pas pu se trouver dans une zone proche de la base aérienne. Là encore, cette théorie ne tient pas la route. Mais cette hypothèse s’oppose tout simplement aux données satellites enregistrées. On sait avec certitude que l’avion s’est éloigné du satellite à chacun des pings, or la base de Diego Garcia se trouve environ sur la même latitude. L’avion n’a donc pas pu se rapprocher de la base américaine.

Théorie 4 : Le fret embarqué n’est pas celui déclaré

Tous les documents sur le contenu des soutes ou la façon dont chaque élément a été empaqueté sont très bien documentés, les fax envoyés depuis la Malaisie sont même disponibles… Certains ont émis des doutes sur la véracité du manifeste de bord, car il mentionne l’embarquement de plus de 4 tonnes de mangoustans à une saison qui n’est pas celle de la pleine production. Pourtant, tous les documents ont été confirmés et l’adresse du producteur donné. Une fois de plus, cette théorie n’est pas exploitable.

Théorie 5 : La thèse du détournement 

Cette théorie est plausible, mais elle aurait demandé une préparation minutieuse et surtout, des connaissances techniques poussées. Mais ce qui paraît étrange c’est qu’aucune revendication n’ait été émise par un quelconque groupe. Quant à l’hypothèse du pilote suicidaire, il est fort à parier qu’il aurait choisi une cible ou un lieu qui lui aurait été symbolique pour y faire périr son avion et ses occupants. Cette théorie, bien que probable est peu crédible.

Théorie 6 : un ou des problèmes techniques

Il y a tant de scenarri que cette hypothèse reste la plus probable. L’hypothèse qu’un incendie aurait été détecté à bord et aurait engendré une série d’événements techniques reste vraisemblable. En clair, un incendie à bord aurait activé le système de protection électrique de l’avion qui aurait coupé toutes les alimentations. Le feu aurait percé la carlingue provoquant une décompression subite et donc une extinction du foyer par manque d’oxygène. Ce même manque d’oxygène aurait été fatal aux passagers et membres d’équipage. Une fois le feu éteint, le système de protection aurait remis des circuits électriques en service permettant ainsi les émissions de données. Ce scénario est techniquement crédible, mais nécessite une action pour changer la trajectoire de l’avion.

Que conclure ?

Pas grand-chose à part des hypothèses qui s’écroulent grâce aux données et aux pièces récupérées. Sans boîtes noires ou d’épave du MH370, il est impossible de privilégier un des deux derniers scénarii. C’est d’ailleurs ce que précise le rapport des enquêteurs publié le 2 juillet 2018. À ce jour, seule la France conduit encore une investigation. Le détail complet des différentes théories est consultable sur le blog de Xavier Tytelman sur ce lien.

En ce triste anniversaire, nos pensées vont aux familles des disparus. En espérant qu’un jour, la vérité soit faite sur ce qui reste à ce jour le plus grand mystère de l’aviation commerciale.