Lufthansa Group a engagé une restructuration de son programme de vols en réponse à la crise du carburant provoquée par la guerre en Iran, déclenchée le 28 février 2026. Cette crise a pratiquement doublé le prix du kérosène, contraignant le groupe à accélérer certains volets de sa stratégie tout en s'efforçant de préserver la confiance de ses passagers pour la saison estivale.
Le contexte est particulièrement délicat. En plus des tensions sur les prix du carburant, le groupe a dû faire face, au cours du premier trimestre 2026, à une série de grèves initiées par le syndicat de pilotes et par l'organisation des personnels navigants de cabine, en février, mars puis en avril 2026. Ces conflits sociaux ont temporairement perturbé les opérations aériennes sur plusieurs hubs européens, avant qu'un accord salarial couvrant plus de 20.000 salariés au sol ne soit conclu fin mars.
Diminution de 1% de la capacité
La principale mesure annoncée par le groupe concerne la suppression de 20.000 vols court-courriers d'ici à octobre 2026, représentant une économie estimée à plus de 40.000 tonnes métriques de kérosène. Cette réduction, répartie sur les six hubs du groupe - Francfort, Munich, Zurich, Vienne, Bruxelles et Rome, ne représente qu'une diminution inférieure à 1% de la capacité totale exprimée en sièges-kilomètres disponibles (ASK). Les liaisons les moins rentables sont supprimées, notamment depuis Francfort vers Bydgoszcz et Rzeszów en Pologne ainsi que vers Stavanger en Norvège, tandis que dix autres connexions sont consolidées via d'autres hubs du réseau.
En outre, le 18 avril 2026, Lufthansa CityLine a définitivement retiré ses 27 appareils du programme de vols du groupe, une décision permettant de sortir en avance de phase les aéronefs les moins efficients. Lufthansa Airlines prévoit également de réduire sa capacité long-courrier de six Airbus A340-600 à l'issue de la saison estivale, et de diminuer son offre court et moyen-courrier lors du programme hivernal. Ces arbitrages visent à concentrer l'offre sur les liaisons les plus rentables, notamment vers l'Asie, l'Afrique et les destinations transatlantiques, où la demande demeure soutenue.
Réassurance
Malgré ce contexte turbulent, le groupe Lufthansa affichait une amélioration de ses résultats financiers au premier trimestre 2026. Le chiffre d'affaires total avait progressé de 8% pour atteindre 8,746 milliards d'euros, contre 8,127 milliards d'euros au premier trimestre 2025, et les recettes de trafic de 5% à 6,671 milliards d'euros.
Sur la question de l'approvisionnement en carburant pour la saison estivale, Dieter Vranckx, directeur commercial du groupe, se veut rassurant. «Nos compagnies sont prêtes pour l'été, notre réseau est solide — nos clients peuvent compter sur nous», a-t-il déclaré dans un communiqué du 27 mai 2026. Environ 80% des besoins en kérosène du groupe pour l'exercice 2026 sont déjà couverts via des instruments de couverture financière sur plusieurs produits pétroliers.
Le groupe souligne que les importations en provenance d'Amérique du Nord et d'Afrique compensent les perturbations au niveau du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un quart des livraisons de kérosène destinées à l'Europe. Les raffineries européennes fonctionnent par ailleurs à pleine capacité. En cas d'annulation de vol, le groupe s'engage à proposer un réacheminement ou un remboursement intégral du billet. Pour l'ensemble de l'exercice 2026, Lufthansa maintient ses prévisions d'un EBIT ajusté «nettement supérieur» à celui de 2025, avec une croissance de capacité désormais estimée entre 0 et 2%, contre 4% dans les prévisions initiales, en raison des mesures de réduction de flotte engagées depuis avril 2026.