Le nouveau gouvernement belge, dirigé par Bart De Wever, a annoncé son intention d’augmenter les taxes sur les départs aériens. Cette mesure, qui concerne la taxe fédérale sur les vols instaurée en 2022, vise à ajuster les tarifs en fonction des distances parcourues par les passagers.
Une augmentation ciblée des taxes aériennes
Actuellement, la Belgique applique trois niveaux de taxation pour les passagers aériens :
- 10 € pour les vols de moins de 500 km (courte distance).
- 2 € pour les vols à l’intérieur de l’Union européenne (hors courte distance).
- 4 € pour les vols à destination de pays hors UE.
Le gouvernement belge souhaite désormais augmenter ces deux dernières catégories :
- 5 € pour les vols intra-européens (au lieu de 2 €).
- 5 € pour les vols hors UE (au lieu de 4 €).
En revanche, la taxe de 10 € pour les vols courts (moins de 500 km) restera inchangée.
Si les passagers de vols réguliers verront leurs taxes augmenter, une réduction est prévue pour certains types de voyages : la taxe sur les vols en correspondance et les jets privés passerait de 10 € à 5 € par passager. Cette mesure vise à rééquilibrer la fiscalité entre les différents segments du transport aérien.
Ryanair critique une décision "contre-productive"...
Comme d'habitude, la compagnie aérienne Ryanair a rapidement réagi en dénonçant cette augmentation qu’elle juge néfaste pour la compétitivité du secteur aérien belge. Un porte-parole de la compagnie a souligné que : "Contrairement à d’autres pays européens comme la Suède, la Hongrie ou certaines régions italiennes, qui suppriment les taxes aériennes et réduisent les redevances aéroportuaires pour stimuler la croissance du trafic, la Belgique choisit d’augmenter sa fiscalité sur les passagers jusqu’à 150 %."
Ryanair met en avant plusieurs risques liés à cette décision : une baisse de l’attractivité de la Belgique en tant que hub aérien, une possible réduction du trafic aérien, notamment à l’aéroport Brussels Zaventem, où les charges ont déjà augmenté de 20 % depuis la pandémie, un impact négatif sur l’emploi et l’économie, à un moment où le trafic aérien belge ne s’est pas encore totalement remis de la crise sanitaire (87 % des niveaux pré-Covid).
... Qui nourrit un débat européen
Cette initiative belge s’inscrit dans un contexte européen contrasté en matière de fiscalité aérienne. Si certains pays cherchent à réduire les taxes pour favoriser la reprise du trafic, d’autres adoptent des mesures visant à réduire l’empreinte environnementale du secteur aérien par le biais de taxes supplémentaires.
La hausse de la taxe fédérale belge devra encore être débattue et validée par les autorités compétentes avant une éventuelle entrée en vigueur dans les prochains mois. En attendant, les compagnies aériennes et les acteurs du secteur suivront de près l’évolution de cette mesure, qui pourrait redessiner le paysage du transport aérien en Belgique.