Le choc Covid-19 : un trou d’air de 113 milliards pour l’aérien ?

Le choc Covid-19 : un trou d'air de 113 milliards pour l'aérien ?

Les récentes annonces des compagnies aériennes, la réaction des marchés financiers et les perspectives de l'IATA : pessimisme unanime concernant l'impact actuel et à venir du coronavirus sur le marché de l'aérien.

La compagnie aérienne Flybe qui annonce la cessation de son activité. Le groupe Lufthansa qui cloue au sol 150 de ses appareils, à la suite de Cathay Pacific qui fait de même avec 120 des siens. Norwegian Air qui renonce à son objectif de bénéfice net pour l’année 2020.

L’actualité de l’aérien de ces mercredi 4 et jeudi 5 mars a été particulièrement riche. D’une richesse dont les compagnies se seraient bien passé : à l’unisson, les dépêches disent l’impact énorme de la crise sanitaire du coronavirus sur le trafic aérien.

Sur les marchés financiers, le cours des actions des compagnies aériennes a chuté de près de 25 % depuis le début de l'épidémie, soit 21 points de plus que la baisse survenue dans le contexte similaire du SRAS en 2003. 

Moins de sièges

Selon OAG, cabinet britannique d’expertise aérienne, cité par Les Echos, l'offre mondiale aérienne dans les systèmes de réservation de février à fin avril s’élève à 1,782 milliard sièges contre 1,823 milliard sur la même période de 2019 : une diminution de 40,85 millions, soit une baisse de 2,3 %.

Au même moment, l’IATA (Association internationale du transport aérien) annonçait que « le virus pourrait coûter au transport aérien (c’est-à-dire aux compagnies aériennes, ndr) jusqu'à 113 milliards de dollars en 2020. » Alexandre de Jugnac, directeur général de l’association, d’ajouter  que « La situation qui résulte du Covid-19 est presque sans précédent (…) En un peu plus de deux mois, les perspectives du secteur dans la plupart des régions du monde se sont radicalement assombries ».

Scénario

Petit motif de relative consolation, ce chiffre de 113 milliards de dollars de pertes n’est prévu que dans le pire des scénarios imaginé par l’IATA, celui d’une propagation étendue du virus. Dans ce cas, les pertes se répartiraient comme suit :

  • Australie, Chine, Japon, Malaisie, Singapour, Corée du Sud, Thaïlande, Vietnam : -23% de passagers, soit -49,7 milliards de dollars.
  • Reste de l'Asie Pacifique : -9% de passagers, soit -7,6 milliards de dollars.
  • Autriche, France, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Espagne, Suisse, Suède, Royaume-Uni : -24% de passagers, soit -37,3 milliards de dollars.
  • Reste de l'Europe : -9% de passagers, soit -6,6 milliards de dollars.
  • Bahreïn, Irak, Iran, Koweït, Liban, Émirats arabes unis : -23% de passagers, soit -4,9 milliards de dollars.
  • Reste du Moyen-Orient : -9% de passagers, soit -2,3 milliards de dollars.
  • Canada et États-Unis : -10% de passagers, soit -21,1 milliards de dollars.

Optimisme ?

La consolation est effectivement toute relative puisque le scénario à propagation limitée, qui n’engendrerait « que » 63 milliards de dollars de pertes en 2020, nous semble déjà dépassé.

Finalement, dans ce tableau sombre de la situation, le seul fait qui puisse inciter à un peu d'optimisme concerne la Chine, épicentre et foyer principal du virus en même temps que plus gros marché mondial de l’aérien : le pic de l’épidémie semble avoir été atteint et le pays est désormais en convalescence.