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Le PDG d'Air India sur le départ

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Margot Ladiray

Margot Ladiray

7 avril 20262 min de lecture

Campbell-Wilson
Campbell-Wilson© Air India

Campbell Wilson a annoncé sa démission du poste de directeur général d'Air India, mettant fin à près de quatre années à la tête de la compagnie aérienne indienne.

Bien que son contrat de cinq ans ne devait s'achever qu'en septembre 2027, le dirigeant avait déjà fait part de son intention de se retirer en 2026 au président du conseil d'administration dès 2024. Il restera en poste jusqu'à la nomination de son successeur pour assurer une transition stable.

Cette démission intervient dans un contexte particulièrement difficile pour Air India, propriété du groupe Tata et de Singapore Airlines qui en détient 25%. En effet, Air India devrait enregistrer des pertes comprises entre 15.000 et 20.000 milliards de roupies pour l'exercice fiscal 2026, soit dix fois plus que les estimations initiales de 2.000 milliards. Ces pertes s'inscrivent dans un déficit cumulé dépassant les 36.200 milliards de roupies sur quatre ans. 

Crash du vol 171 et contexte géopolitique défavorable

La situation s'est considérablement aggravée depuis le crash du vol Air India 171 à Ahmedabad en juin 2025, qui a coûté la vie à 260 personnes. Cet accident, a entraîné une surveillance réglementaire accrue de la part de la Direction générale de l'aviation civile, qui a relevé de multiples manquements opérationnels, notamment des retards dans le remplacement de pièces moteur et des cas d'aéronefs opérant sans certification de navigabilité valide. À ces difficultés internes s'ajoutent des pressions externes considérables. Depuis avril 2025, le Pakistan interdit à toutes les compagnies aériennes indiennes de survoler son espace aérien en raison de tensions militaires entre les deux pays voisins.

Cette restriction, prolongée à plusieurs reprises, contraint Air India à emprunter des routes beaucoup plus longues via l'Afrique, ajoutant jusqu'à deux heures de vol et augmentant drastiquement la consommation de carburant. Le conflit au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l'Iran a encore compliqué la donne, fermant des corridors aériens essentiels et forçant certains vols long-courriers à faire des escales non prévues, portant parfois la durée totale du trajet à 22 heures contre 17 heures auparavant. Les prix du pétrole, maintenus au-dessus de 100 dollars le baril depuis le début du conflit iranien, ont également pesé lourdement sur les finances de la compagnie. Air India avait d'ailleurs estimé que la seule fermeture de l'espace aérien pakistanais lui coûterait 600 millions de dollars par an.

Campbell Wilson, 52 ans, avait été recruté en 2022 après une carrière de 26 ans chez Singapore Airlines, où il s'était notamment distingué en tant que PDG fondateur de Scoot, la filiale low-cost du transporteur singapourien. Il avait orchestré une commande historique de 470 avions auprès d'Airbus et Boeing, valorisée à plus de 70 milliards de dollars, suivie d'une commande supplémentaire de 130 appareils, dans l'objectif de faire d'Air India un transporteur de classe mondiale. Malgré ces initiatives ambitieuses, les progrès sont restés en deçà des attentes. Air India a constitué un comité pour identifier un successeur dans les prochains mois.

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