La semaine dernière, le département américain des Transports a proposé d'interdire aux compagnies aériennes chinoises de survoler la Russie sur les routes à destination et en provenance des États-Unis, estimant que ce temps de vol réduit désavantage les transporteurs américains.
Déséquilibre
Ce déséquilibre vient du fait que la Russie a interdit aux compagnies américaines et (à de nombreux autres transporteurs étrangers) de survoler son espace aérien en réponse à au bannissement des vols russes au-dessus des États-Unis en mars 2022 après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, de la part de l'administration américaine.
Les compagnies chinoises n'ont pas été soumises à cette interdiction et ont utilisé cet avantage pour augmenter leur part de marché par rapport aux transporteurs non chinois sur les routes internationales.
Face à la perspective d'une telle sanction de la part de Washington, les réactions des compagnies chinoises ne se sont pas fait attendre... Air China et China Southern ont indiqué que cette décision affecterait négativement un nombre substantiel de passagers aux États-Unis et en Chine.
China Southern ajoute qu'elle prévoit - en cas d'adoption d'une telle mesure - qu'au moins 2.800 passagers programmés pour voyager pendant la période de pointe des vacances du 1er novembre au 31 décembre devraient être reprogrammés, "compromettant leurs projets de voyage".
China Eastern, quant à elle, a déclaré dans un document déposé auprès du département des Transports que cette mesure pourrait prolonger le temps de vol sur certaines de ses routes les plus importantes de deux à trois heures, augmenter significativement les risques de correspondances ratées et accroître la consommation de carburant.
Et Hong Kong ?
Côté américain, c'est surtout United Airlines qui s'est fait remarquer, en exhortant l'administration Trump à étendre l'interdiction à Cathay Pacific, qui survole la Russie sur les vols vers les États-Unis depuis Hong Kong, ainsi qu'à d'autres transporteurs basés à Hong Kong. La compagnie affirme que les restrictions russes impliquent qu'elle est "effectivement empêchée de reprendre les services directs vers la Chine sur des routes précédemment desservies comme Newark/New York, Washington D.C. et Chicago".
Au-delà, Airlines for America, un groupe commercial majeur représentant American Airlines, Delta Air Lines et United Airlines, a salué l'effort mais a également appelé le département des Transports à continuer de "maintenir la parité dans le nombre de vols passagers disponibles pour les compagnies aériennes américaines et chinoises, en s'assurant que le niveau de capacité passagers reste raisonnablement lié à la demande du marché".