Les activistes du mouvement Extinction Rebellion ont prévu de faire voler des drones sur l'aéroport d'Heathrow le 13 septembre prochain. Leur objectif : inciter le gouvernement britannique à prendre des mesures afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Or, une partie de la classe politique outre-Manche œuvre plutôt pour une mesure qu'ils verraient d'un très mauvais œil. Cela fait des années en effet que des ministres et députés demandent la diminution des montants de l'Air Passager Duty (APD), voir la suppression de cette taxe, soutenus par les grandes compagnies aériennes (British Airways, Virgin Atlantic, Ryanair, easyJet, TUI Airways...). Le rapport publié par les députés souligne le poids négatif qu'elle fait porter à l'économie britannique, et le fait qu'il est absurde de la percevoir à l'aller comme au retour sur un vol domestique...
L'APD est une taxe par passager prélevée sur tous les vols au départ des aéroports britanniques. Lancée en 1994, elle ajoute 13 £ au coût de chaque billet court-courrier et 78 £ pour les vols long-courriers en classe économique, 26 £ pour chaque court-courrier et 176 £ pour un long-courrier dans une classe premium. Cette taxe verte sur le transport aérien est la plus élevée en Europe, plus de deux fois celle appliquée en Allemagne, qui occupe le deuxième rang. La France apparaît loin derrière, avec sa nouvelle «écocontribution» sur les billets d’avion, taxe appliquée sur tous les vols au départ de France à compter de début 2020, qui ira de 1,50€ sur un vol court courrier en classe économique, à 18€ pour un vol hors Union européenne en classe affaires. Mais le secteur du transport aérien français rappelle volontiers qu'il finance les infrastructures aéroportuaires et nombre de missions de l’État tels la sûreté et le contrôle aérien en vol.


