La guerre au Moyen-Orient entraîne une flambée du prix des carburants, forçant plusieurs compagnies, dont Air France, à ajuster leurs tarifs.
Depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes sur l'Iran le 28 février dernier, le prix du kérosène a connu une progression vertigineuse de plus de 80%, passant d'environ 2,25 dollars le gallon début février à près de 4 dollars début mars, selon les données disponibles. Face à cette situation, plusieurs compagnies ont ajusté leurs tarifs.
Selon les informations de nos confrères de l'Echo Touristique, la surcharge transporteur a été relevée sur les vols transatlantiques des compagnies d'Air France-KLM. Pour un vol aller-retour Paris-Montréal au mois d’avril 2026, le « supplément international imposé par le transporteur (YR) » atteint désormais 319 euros. La récente hausse due au carburant, incluse dans ce montant, s’élève ainsi « 30 euros l’aller/retour », a précisé Air France. Cette augmentation s’applique « à tous les vols de la Joint venture transatlantique sur l’Amérique du Nord, dont fait partie Delta », ajoute le groupe.
D'autres compagnies comme Qantas Airways, Air New Zealand ou encore SAS ont également appliquées une hausse temporaire pour compenser l'augmentation du prix du kérosène. Hong Kong Airlines s'apprête quant à elle à majorer ses surcharges carburant de 35,2% à compter de jeudi, avec les hausses les plus marquées sur les liaisons entre Hong Kong et les Maldives, le Bangladesh et le Népal, où les surcharges atteindront 49 dollars contre 36 dollars précédemment.
Les compagnies américaines particulièrement exposées
L'impact de cette crise sera particulièrement douloureux pour les transporteurs américains, qui ont fait le choix d'abandonner la "couverture carburant" (fuel hedging) qu'ils estimaient coûteuse et peu fiable. Cette technique financière, largement utilisée en Europe et en Asie, s'apparente à une assurance. Elle permet de pré-acheter du kérosène à un prix fixe grâce à des contrats à terme. Même si elle ne couvre pas la totalité des surcoûts, elle limite efficacement la casse en cas de flambée des prix. À titre d'exemple, pour le premier semestre 2026, Air France-KLM a ainsi couvert 87% de sa consommation, EasyJet 84% et Lufthansa 76%. Sans ce bouclier tarifaire, les compagnies américaines sont aujourd'hui totalement exposées aux variations du marché.
Cette absence de protection expose directement les compagnies américaines aux variations des prix. Selon Reuters, une augmentation d'un cent par gallon du prix du carburant entraîne des coûts supplémentaires annuels de 40 millions de dollars pour Delta Air Lines, 50 millions pour American Airlines et 22 millions pour Southwest Airlines. Scott Kirby, directeur général de United Airlines, a déclaré que la hausse des coûts du carburant aurait un "impact significatif" sur les résultats financiers du transporteur, et que les répercussions sur les prix des billets "commenceraient probablement rapidement".