Air France-KLM : réduction drastique de l’offre et chômage partiel

Le groupe franco-néerlandais devrait réduire son offre en sièges kilomètres offerts (SKO) de 70% et 90%, et mettre 80% de ses salariés au chômage partiel.

Air France et KLM consultent depuis quelques jours les instances représentatives de leur personnel sur des mesures prenant en compte les impacts de la baisse d’activité. La compagnie tricolore devrait ainsi informer ce lundi le Comité social et économique central sur son plan de chômage partiel. Celui-ci devrait concerner 80% des 40 000 salariés, et exclure ceux qui exercent des fonctions vitales.

A l’instar des autres grands groupes aériens, Air France-KLM annonce également une réduction progressive de son activité de manière très significative. Son offre en sièges kilomètres offerts (SKO) pourrait baisser entre -70% et -90%. Cette réduction de capacités est actuellement programmée pour une durée de deux mois. Du fait de cette baisse des capacités, Air France immobilisera l’ensemble de sa flotte Airbus 380 et KLM l’ensemble de sa flotte Boeing 747.

Pour faire face à cette situation, le groupe a d’ores et déjà engagé des mesures fortes pour sécuriser sa trésorerie. Un plan additionnel d’économies générera au cours de l’année 2020 200 millions d’euros. Une première révision du plan d’investissement a  réduit ce dernier de 350 millions d’euros, auxquels s’ajoutera l’impact de la baisse d’activité sur le montant des investissements de maintenance.

Le groupe franco-néerlandais a tiré la semaine dernière une ligne de crédit renouvelable pour un montant total de 1,1 milliards d’euros et KLM a pour sa part tiré une ligne de crédit renouvelable pour un montant total de 665 millions d’euros. Air France-KLM et ses filiales disposaient ainsi à la date du 12 mars de plus de 6 milliards d’euros de liquidités.

Malgré ces mesures, le groupe prévoit une forte dégradation de sa trajectoire financière. Il estime en effet que les baisses de revenus de l’activité passage découlant de la réduction des capacités ne seront compensées qu’à hauteur de 50% environ par la baisse des coûts variables avant mesures d’économie.

Dans ce contexte extrêmement difficile, le groupe Air France-KLM a accueilli positivement les déclarations exprimées par l’État Français et l’État Néerlandais qui ont indiqué chacun étudier toutes les conditions possibles d’un soutien. On pourrait ainsi voir l’État français, actionnaire à hauteur de 14,3%, monter au capital du groupe.