Avec l'arrivée de SAS et l'intérêt pour TAP Portugal, le groupe pourrait abandonner sa dénomination historique.
Air France-KLM pourrait bientôt ne plus s'appeler Air France-KLM. Selon le quotidien néerlandais De Telegraaf, le PDG Ben Smith aurait décidé de changer le nom de la holding pour mieux refléter la dimension internationale du groupe. La question n'est pas vraiment nouvelle puisque dès l'annonce en juillet 2025 du projet de monter à 60,5% dans le capital de la compagnie scandinave SAS, le sujet avait été mis sur la table. Contacté par la rédaction, le groupe déclare : "Il est tout à fait logique d'avoir cette discussion, étant donné que nous avons l'intention d'ajouter de nouvelles marques au Groupe". "Le nom actuel ne reflète que nos deux marques historiques", ajoute un porte-parole.
Un choix qui permet d'éviter les susceptibilités et d'afficher une neutralité bienvenue quand on brasse plusieurs nationalités. Car c'est bien le projet d'Air France-KLM : devenir un grand groupe européen, comme l'avait affirmé Ben Smith en janvier dernier. L'acquisition de SAS doit se finaliser d'ici la fin de l'année et le groupe a aussi déposé une offre pour TAP Air Portugal. Si tout se concrétise, la holding chapeautera quatre grandes marques nationales. D'après De Telegraaf, le nom "The Blue Group" circule déjà à Paris comme piste de travail.
"Rien n'est acté"
Cependant, le groupe confirme que officiellement, rien n'est acté : "À ce stade, aucune décision n'a été prise". Une prudence compréhensible, surtout côté néerlandais où KLM défend son autonomie depuis la fusion de 2004. D'autant que ce changement de nom s'inscrit dans une évolution plus large. Paris centralise de plus en plus les décisions stratégiques. Des cadres de KLM ont intégré le comité exécutif du groupe, et plusieurs filiales ont été transférées à la holding, comme AirTrade, l'opérateur de voyages organisés.
Côté passagers, rien ne changerait. Air France restera Air France, KLM restera KLM. Le nouveau nom ne concernerait que la holding, visible surtout sur les marchés financiers. La réponse devrait venir dans les mois qui viennent, au fur et à mesure que le dossier SAS avance et que celui de TAP se décante.