Airbus : succès de l’A320 mais la version XLR prend du retard

Le constructeur européen, dont les résultats du premier trimestre sont en forte croissance, entend monter en cadence sur la production de sa famille moyen-courrier.

Le moral est au beau fixe chez Airbus. Le constructeur européen voit en effet son bénéfice tripler au premier trimestre, comparé aux trois mêmes mois de 2021, pour atteindre 1,22 milliard d’euros. Il a livré 142 avions commerciaux (125 lors du premier trimestre 2021) dont seize A350, six A330, onze A220 et surtout 109 avions de la famille A320. Le succès du segment court moyen-courrier explique en effet, en grande partie, ses bons chiffres. Au point d’envisager une forte hausse de la cadence de production : 45 appareils de la famille A320 sortaient des chaines chaque mois fin 2021, le rythme devrait passer à 65 unités l’an prochain, puis 75 en 2025.

Les nouvelles versions remportent notamment un franc succès. L’A321LR peut effectuer une distance de 7400 km, des capacités long-courrier liées à l’installation de trois réservoirs supplémentaires en soute. Cet appareil plutôt économe en carburant est adapté pour relier par exemple l’Europe aux côtes Est des Etats-Unis, du Canada ou du Brésil. Les commandes pleuvent également sur le futur A321XLR (eXtra Long Range) aux capacités encore supérieures, permettant de relier l’Europe aux Antilles ou à d’autres villes américaines tel Chicago. Mais la mise en service opérationnelle et la production soutenue du futur monocouloir à très long rayon d’action (8700 km) est désormais annoncée pour 2024 plutôt qu’en fin 2023, pour des questions de certification.

L’Agence de sécurité aérienne de l’Union européenne serait actuellement en pourparlers avec le constructeur au sujet de modifications apportées à la conception des parties inférieures du fuselage et des carénages. Lesquelles modifications pourraient prendre entre six et neuf mois. L’A321XLR, outre les réservoirs sous les ailes, possède deux ensembles supplémentaires dans sa soute. Et Boeing n’a pas manqué de parler de risques d’incendie. Il faut dire que cet avion a enregistré plus de 450 commandes au cours de la seule première année de commercialisation. De quoi susciter une certaine amertume chez le constructeur américain.