Amadeus publie des résultats trimestriels en hausse, portés par une bonne dynamique tarifaire. Si les volumes ont subi un coup de frein en mars en raison des tensions au Moyen-Orient, l'entreprise maintient son cap financier et poursuit la consolidation de son offre, notamment par le biais d'investissements dans l'intelligence artificielle et la biométrie.
Les compteurs restent au vert pour Amadeus sur ces trois premiers mois de l'année. Dans la continuité d'un exercice 2025 bouclé sur une dynamique très positive à 6,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, le groupe espagnol affiche un premier trimestre à 1,68 milliard d'euros de revenus, soit une progression de 7,9% à taux de change constant. La rentabilité suit la même trajectoire avec un bénéfice d'exploitation ajusté (EBIT) qui atteint 500 millions d'euros (+6,6%), détaille un communiqué.
Cependant, l'actualité internationale est directement venue bousculer la fin du trimestre. Luis Maroto, PDG d'Amadeus, a déclaré : « Amadeus a enregistré une croissance solide de ses revenus et de ses bénéfices au premier trimestre. Cependant, les volumes ont ralenti en mars, à la suite de la situation géopolitique au Moyen-Orient ». Le dirigeant ajoute qu'il surveille de très près le contexte macroéconomique, dont l'éventail des impacts rend les prévisions à court terme difficiles.
De nombreuses modifications et reports pour l'aérien
Dans le détail, ce climat s'illustre de manière très contrastée selon les divisions. Côté distribution aérienne, le groupe a fait face à un pic d'annulations en mars, faisant légèrement reculer le volume global de réservations à 128 millions (-0,2%). La division parvient néanmoins à faire croître ses revenus pour atteindre 822 millions d'euros (+4,6%) grâce à un revenu moyen par réservation impulsé par une politique tarifaire favorable. À l'inverse, l'instabilité géopolitique a généré une intense activité de modification et de report de billets qui a directement profité à la division Air IT Solutions. Le chiffre d'affaires de ce segment bondit ainsi de 12% pour s'établir à 593 millions d'euros.
Des investissements dans l'IA et la biométrie
La stratégie de développement du GDS ne semble pourtant pas connaître de ralentissement. Fort d'un budget R&D qui a dépassé 1,4 milliard d'euros l'an dernier, Amadeus poursuit ses acquisitions pour enrichir ses solutions avec le rachat de l'entreprise américaine Skylink, spécialisée dans l'IA conversationnelle au cœur de ses outils. Cette technologie sera d'ailleurs prioritairement déployée sur le marché du voyage d'affaires, afin d'offrir des gains de productivité aux voyageurs et aux TMC.
Plus récemment encore, après l'acquisition de Vision-Box, Amadeus a confirmé sa volonté de racheter le spécialiste français de la biométrie, Idemia Public Security pour 1,2 milliard d'euros. Une opération visant à déployer des solutions biométriques d'un bout à l'autre du parcours aéroportuaire. En dépit de ces incertitudes conjoncturelles, la direction maintient toutefois son cap pour la suite de l'exercice : « Nous réitérons nos attentes financières pour l'année », a ainsi conclu Luis Maroto, tout en confirmant la poursuite du programme de rachat d'actions en cours.